Le général Dallaire témoignera au TPIR

Arusha - Le général canadien Roméo Dallaire, qui dirigeait la Mission de l'ONU au Rwanda (Minuar) pendant le génocide en 1994, témoignera lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a rapporté hier l'agence de presse Hirondelle.

C'est la deuxième fois que le général Dallaire va témoigner devant le tribunal de l'ONU basé à Arusha (nord de la Tanzanie) et chargé de juger les responsables du génocide de 1994 au Rwanda.

Il est appelé à la barre lundi, par l'accusation, dans le cadre du procès de quatre officiers supérieurs de l'ex-armée rwandaise poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Il s'exprimera à l'occasion de la reprise de ce procès, dit «des militaires», l'un des plus importants de l'histoire du TPIR et qui avait été interrompu en décembre pour un mois, en raison des vacances de fin d'année.

Le général Dallaire avait comparu comme témoin de la défense en 1998 dans le procès de l'ancien maire rwandais, Jean-Paul Akayezu.

Il avait dirigé la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (Minuar) d'octobre 1993 à août 1994.

Cette force avait pour mission d'aider à la mise en application de l'accord de paix conclu en août 1993 entre le gouvernement rwandais de l'époque et la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR) aujourd'hui au pouvoir.

Forte de 2500 hommes en avril 1994, la Minuar n'avait pas pu arrêter les massacres qui ont suivi la mort du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

Dans son livre publié l'an dernier et intitulé J'ai serré la main du diable, le général Dallaire accuse les États membres de l'ONU comme les États-Unis, la France et la Belgique de ne pas s'être préoccupés du sort de la population rwandaise. Il affirme aussi qu'avec un nouveau mandat et davantage de troupes, la Minuar aurait pu arrêter ou au moins diminuer l'ampleur des massacres.

Le génocide a fait environ un million de morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, selon Kigali.