Prodi félicite la Turquie

Istanbul - Le président de la Commission européenne Romano Prodi s'est félicité hier de l'empressement du gouvernement turc à adopter les réformes nécessaires pour adhérer à l'Union tout en insistant sur le besoin de mettre ces réformes en oeuvre.

«Nous sommes très satisfaits» des progrès réalisés par la Turquie en matière de démocratisation, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Istanbul, au second jour d'une visite officielle en Turquie. «Non seulement la direction est bonne, la vitesse est remarquable», a ajouté M. Prodi. Cependant, a-t-il ajouté, «la mise en oeuvre [des réformes] est essentielle pour répondre aux critères de Copenhague».

Lors d'une conférence à l'Université du Bosphore, il a énuméré les «réformes majeures» passées «en un temps court» en ce qui concerne des «questions sensibles dans le contexte turc: abolition de la peine de mort, levée de l'interdiction des langues autres que le turc et contrôle des militaires par le pouvoir civil».

Il a également cité les domaines réclamant «plus d'efforts», où «l'application rencontre des difficultés: indépendance et efficacité du judiciaire, respect des droits culturels pour tous sans distinction d'origine, liberté religieuse, présence de représentants du Conseil de sécurité nationale dans des organes civils».

M. Prodi doit soumettre aux dirigeants européens en octobre prochain un rapport sur les progrès réalisés par la Turquie dans la perspective d'une adhésion à l'Union. Ces dirigeants décideront en décembre s'il y a lieu d'ouvrir ou non des négociations d'adhésion avec Ankara. M. Prodi a d'autre part assuré que son rapport ne mentionnerait pas le problème de la division de Chypre.

Interrogé par ailleurs sur la décision d'un tribunal à Ankara, qui a rejeté hier une demande de remise en liberté de l'ex-députée kurde Leyla Zana et de trois de ses collègues, actuellement rejugés pour soutien à la rébellion séparatiste kurde, M. Prodi a affirmé être «très, très désolé». Le Parlement européen a plusieurs fois appelé à la libération des anciens députés dans l'attente de la conclusion de leur nouveau procès.