17 objectifs pour changer le monde

Nations unies — Les dirigeants de la planète ont adopté vendredi un ambitieux programme promettant un monde meilleur d’ici 15 ans dans tous les domaines (éducation, pauvreté, santé, environnement), au coût incalculable et sans garantie de succès.

À l’ouverture d’un sommet qui réunira jusqu’à dimanche plus de 150 chefs d’État et de gouvernement au siège de l’ONU, ils se sont fixé 17 objectifs de développement durable à réaliser d’ici fin 2030.

« Nous devons nous mettre au travail, tout de suite », a affirmé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Pour commencer, il a « demandé à tous les gouvernements d’adopter à Paris en décembre un accord sur le climat solide et universel ».

La jeune pakistanaise Malala Yousafzai, Prix Nobel de la paix, a exhorté les gouvernements à « tenir leurs promesses d’une éducation pour tous », y compris les filles et les enfants réfugiés qui ont fui la guerre en Syrie.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a préconisé de « traiter les causes » de l’exode des réfugiés qui « fuient la terreur et la violence », soulignant que la paix était « une condition préalable » au développement.

Le premier ministre indien, Narendra Modi, a salué « la prééminence accordée au changement climatique » dans les objectifs et a « espéré que les pays développés tiendront leurs engagements ».

L’objectif numéro un est d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes : 836 millions de personnes vivent encore avec moins de 1,25 dollar par jour.

Il faudra aussi assurer l’accès de tous à l’éducation et à la santé, lutter contre les inégalités croissantes, promouvoir les femmes et la bonne gouvernance, et limiter le réchauffement de la planète.

Plus ambitieux

Ce chantier fait suite aux Objectifs du millénaire pour le développement (MDG), qui portaient sur la période 2000-2015.

Mais il est beaucoup plus ambitieux — trop, disent les sceptiques — que les huit MDG, centrés sur la pauvreté et la santé dans les pays en développement.

Le nouveau plan d’action s’appliquera aussi aux pays développés et s’étendra à des domaines politiquement sensibles (bonne gouvernance, égalité hommes-femmes, lutte contre la corruption).

Il faudra le financer, s’assurer que les gouvernements le respectent et que « personne ne soit laissé de côté » dans la course au développement.

S’ajouteront à ces défis la forte croissance démographique attendue d’ici 2030 en Afrique subsaharienne, l’urbanisation à outrance ou le vieillissement de la population qui alourdit les comptes sociaux.

Chaque pays restera libre d’appliquer ou non les objectifs et choisira les moyens de le faire. Pas moins de 300 indicateurs permettront d’évaluer les progrès accomplis.

Il faudra selon les experts trouver entre 3500 et 5000 milliards de dollars par an sur 15 ans, voire davantage, pour le financer. C’est plus que le PIB de la France, du Royaume uni ou de l’Allemagne.

Le pape appelle les dirigeants à l’action

Dans une journée forte en symboles, le pape François a appelé vendredi les dirigeants du monde, au siège de l’ONU, à s’attaquer aux causes de l’exclusion et de la pollution, avant d’aller se recueillir au mémorial du 11-Septembre et plaider pour la tolérance. Devant les dirigeants du monde, le pape de 78 ans a dénoncé une « crise écologique qui peut mettre en péril l’existence même de l’humanité », appelé à un système économique plus juste, demandé aux chefs d’État d’assurer à leur peuple un « minimum absolu […] logement, travail et terre », ainsi que sur « le plan spirituel, la liberté de pensée, qui comprend la liberté religieuse, le droit à l’éducation, notamment des filles, et les autres droits civiques ». Il a aussi rappelé « la différence naturelle entre l’homme et la femme ». Dénonçant une « colonisation idéologique » dans les pays du Sud, il semblait faire allusion implicitement à la contraception, mais aussi aux genres et au mariage gai.


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