Investiture démocrate - La seule femme candidate jette l'éponge

L’ex-gouverneur du Vermont a salué «une personne extraordinaire».
Photo: Agence Reuters L’ex-gouverneur du Vermont a salué «une personne extraordinaire».

Des Moines - La seule femme candidate dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle américaine a jeté l'éponge hier, apportant son soutien à Howard Dean, qui semble néanmoins en perte de vitesse dans l'Iowa et au New Hampshire.

À 56 ans, originaire de Chicago, ex-sénatrice (1992-98) puis ambassadrice (Nouvelle-Zélande et Samoa), Carole Moseley Braun, qui s'est endettée de plusieurs milliers de dollars pour concourir, va désormais soutenir Howard Dean.

«Je voudrais remercier les électeurs de l'Iowa qui avaient l'intention de voter pour moi lundi et je leur demande plutôt de voter pour Howard Dean», a affirmé Mme Moseley Braun au cours d'une réunion publique dans la petite ville de Caroll, au côté de l'ancien gouverneur du Vermont.

En Iowa, où se déroulera lundi le premier caucus démocrate d'une longue série, son soutien n'a guère d'importance. «C'est plutôt symbolique», concède Dennis Goldford, expert à l'université Drake à Des Moines. Il pourrait l'être moins par la suite dans le sud des États-Unis, où les Noirs ne sont pas acquis à Dean. Mme Moseley Braun avait aussi les faveurs des deux plus importantes associations féministes américaines, la National Organization for Women's Political Action (NOW) et le National Women's Political Caucus (PAC).

Dean a salué Mme Moseley Braun en la qualifiant de «personne extraordinaire» et s'est dit persuadé qu'une femme ou un Afro-Américain pourront devenir un jour président des États-Unis.

Selon des sondages publiés hier, l'écart entre Howard Dean et ses principaux concurrents s'est encore réduit, une enquête montrant même qu'il serait dépassé en Iowa par le sénateur John Kerry, soutenu depuis longtemps par l'influent sénateur Ted Kennedy. John Kerry remporterait 22 % des voix, contre 21 % à Dean, à en croire l'institut Zogby.

Mercredi soir, Dean avait appelé ses partisans à redoubler d'efforts pour le soutenir. «J'ai besoin de vous pour gagner lundi», a-t-il insisté.

Chacune de ses apparitions est soigneusement mise en scène. La salle est «chauffée» par les acteurs Martin Sheen et Rob Reiner. En chemise, manches retroussées, Dean arrive ensuite et parle sans notes de ses principaux thèmes de campagne. Dimanche, à la veille du premier scrutin en Iowa, l'ancien président Jimmy Carter devrait lui apporter son soutien, selon son directeur de campagne, Joe Trippi.

Dans l'État du New Hampshire, où se déroulera le 27 janvier la première primaire démocrate, l'avance du candidat s'est aussi effritée. Il y est crédité de 32 % d'intentions de vote, contre 22 % pour l'ancien général Wesley Clark. Deux jours plus tôt, Dean devançait Clark de 17 points. Mercredi soir, l'ex-commandant des forces de l'OTAN, vainqueur de la guerre pour le Kosovo, a reçu le soutien du réalisateur américain Michael Moore, connu pour ses pamphlets anti-Bush, contre la culture des armes ou les dérives de la mondialisation.

«Il représente clairement le meilleur espoir que nous ayons de battre George W. Bush», a expliqué le cinéaste en reconnaissant que son soutien peut surprendre. «Vous avez bien entendu, un gauchiste qui soutient un général, quel pays!», s'est-il exclamé.

De son côté, le président américain était hier à La Nouvelle-Orléans, dans le sud du pays, pour défendre le travail des associations religieuses. Il devait ensuite aller à Atlanta déposer une couronne sur la tombe du militant noir Martin Luther King et participer à une réunion de récolte de fonds.