Le PKK fait 16 morts dans les rangs turcs

Le gouvernement turc a promis lundi d’éradiquer les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) au lendemain de l’opération la plus meurtrière menée depuis des années contre les forces armées, dont 16 soldats ont été tués.

Vingt-quatre heures après une attaque qui a ravivé en Turquie le spectre des « années de plomb » du conflit kurde, le premier ministre islamo-conservateur, Ahmet Davutoglu, a condamné fermement les « terroristes » du PKK.

« Quoi qu’il advienne, il faut nettoyer ces montagnes de ces terroristes ! Un point, c’est tout », a tonné M. Davutoglu devant la presse. « Si certains veulent pousser la Turquie dans un cercle de feu, qu’ils sachent que notre plus grande force est notre unité et notre intégrité autour de la sécurité de notre nation », a-t-il ajouté.

« Martyrs »

Rompant un long silence qui a alimenté toutes les rumeurs, le commandement de l’armée turque a enfin livré lundi le bilan de l’embuscade qui a visé un convoi militaire près de Daglica (sud-est), dans la province de Hakkari frontalière de l’Irak.

« Seize de nos courageux frères d’armes sont tombés en martyrs dans leurs véhicules », a indiqué l’état-major dans une déclaration publiée sur son site Internet, ajoutant que six autres soldats avaient été blessés. Selon un porte-parole du PKK, Bakhtiar Dogan, l’opération s’est soldée par la mort de 31 soldats turcs, dont un général.

M. Davutoglu a dénoncé les affirmations du mouvement rebelle, évoquant une « opération psychologique » destinée à « démoraliser la nation ». « Nous devons montrer un front uni face à cette propagande », a-t-il exhorté.

Frappes

 

Lancées dès dimanche soir, les opérations de représailles de l’armée turque se sont poursuivies lundi. L’état-major a rapporté que les frappes aériennes des chasseurs F-16 et F-4 turcs avaient visé 23 positions rebelles et tué, selon l’agence de presse pro gouvernementale Anatolie, de « nombreux terroristes ».

L’attaque conduite par le PKK à Daglica est la plus meurtrière depuis la reprise des affrontements entre l’armée et le PKK fin juillet, faisant voler en éclats les discussions de paix engagées à l’automne 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait quelque 40 000 morts depuis 1984.

Fin juillet, le gouvernement turc a ordonné une série de frappes aériennes contre les bases des rebelles kurdes dans le nord de l’Irak, en représailles à des attaques rebelles contre ses forces de sécurité.

Selon le dernier bilan de la presse pro gouvernementale, ces affrontements ont tué plus de 90 soldats ou policiers et un millier de rebelles.

 

Cette escalade intervient alors que M. Erdogan a convoqué des élections législatives anticipées pour le 1er novembre.

Lors du scrutin du 7 juin, son Parti de la Justice et du développement (AKP) a perdu la majorité absolue qu’il détenait depuis 12 ans au Parlement. M. Erdogan espère que son parti la retrouvera en novembre pour instaurer un régime présidentiel fort.

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