Première femme kamikaze du Hamas

Rim Raiychi avait expliqué son geste dans une vidéo.
Photo: Agence Reuters Rim Raiychi avait expliqué son geste dans une vidéo.

Bande de Gaza — Un attentat suicide perpétré hier matin par une Palestinienne au principal point de passage entre Israël et la bande de Gaza a tué quatre Israéliens et fait sept blessés, selon les services de secours.

Les autorités israéliennes ont réagi en annonçant que le point de passage d'Erez, porte d'entrée en Israël de milliers de travailleurs palestiniens, leur serait fermée pour plusieurs jours.

Le mouvement islamiste Hamas et les Brigades des martyrs d'al-Aqsa, mouvement lié au Fatah de Yasser Arafat, ont revendiqué dans un communiqué commun la responsabilité de l'attentat. Ils ont identifié la kamikaze sous le nom de Rim Raiychi, une femme de 21 ans, originaire de Gaza. Mère d'une fille de 18 mois et d'un garçon de trois ans, elle est présentée comme une militante du Hamas. Il s'agit apparemment de la première femme kamikaze de l'organisation islamiste.

«J'ai toujours voulu être la première femme à commettre un attentat martyr, où des parties de mon corps peuvent être éparpillées. C'est le seul voeu que je demande à Dieu», a expliqué Rim Raiychi dans une vidéo tournée auparavant, dans laquelle elle apparaît vêtue du hidjab, voile traditionnel, et tient un fusil devant deux drapeaux verts du Hamas.

L'utilisation d'une femme pour ce genre d'attentat est exceptionnelle mais la guerre sainte «est une obligation pour tous les musulmans, hommes et femmes», a déclaré le guide spirituel du Hamas, Cheikh Yassine. «C'est une indication que la résistance continuera», a-t-il lancé.

Une broche métallique

Cet attentat suicide est le premier depuis celui du 25 décembre dernier, contre un autobus de la banlieue de Tel-Aviv, qui avait fait quatre morts.

L'explosion s'est produite à 10h locales hier au point de passage d'Erez. Selon le colonel israélien Pinchas Zuaretz, la kamikaze, qui avait une broche métallique dans la jambe, avait été conduite à l'écart dans un bureau spécial où les soldats examinent les personnes porteuses d'implants médicaux qui trompent les détecteurs de métaux.

D'après des témoins palestiniens, la kamikaze attendait de pouvoir passer en Israël. L'un de ces témoins, une femme prénommée Amena, a expliqué avoir vu quatre Palestiniennes entrer dans un bureau de la sécurité israélienne quand l'explosion s'est produite. «J'ai entendu les soldats hurler, l'explosion était extrêmement forte et j'ai vu une des femmes, la dernière entrée dans la pièce, qui saignait des jambes», a témoigné Amena.

Un autre témoin, qui n'a pas souhaité être identifié, a déclaré avoir vu une inconnue marcher bizarrement. Ce témoin lui a proposé son aide, qu'elle a refusée. L'explosion s'est produite peu après.

La bande de Gaza est entourée par une barrière de sécurité israélienne et aucun des kamikazes responsables de la mort de centaines de personnes en Israël au cours des trois dernières années de violences ne venait jusqu'à présent de Gaza.

Mais le point de passage d'Erez a parfois été la cible d'attaques palestiniennes. Le 8 juin dernier, trois tireurs palestiniens appartenant à différentes factions y ont abattu quatre soldats israéliens dans une attaque coordonnée. Les soldats ont riposté en tuant les trois assaillants.

Le 14 octobre, trois agents de sécurité américains avaient été tués dans la bande de Gaza, juste au sud du point de passage d'Erez, par l'explosion d'une bombe au passage d'un convoi diplomatique.

«L'attentat de ce matin [hier] est particulièrement choquant parce qu'Israël, en signe de bonne volonté, a autorisé les travailleurs palestiniens à entrer en Israël [...]. Il est encore trop tôt pour dire quelles mesures nous prendrons», a commenté Avi Pazner, porte-parole du gouvernement. Les autorités israéliennes, croit savoir un responsable américain, vont probablement fermer le point de passage d'Erez aux Palestiniens.