Les droits sont malmenés à l’approche des élections

Une femme vend des légumes au marché de Dongo, dans le nord-ouest de la RDC.
Photo: Federico Scoppa Agence France-Presse Une femme vend des légumes au marché de Dongo, dans le nord-ouest de la RDC.

Kinshasa — L’ONU s’est alarmée mercredi d’une augmentation des violations des droits de la personne en République démocratique du Congo depuis le début de l’année, à l’approche d’une série d’élections.

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme en RDC (BCNUDH) « a constaté une tendance à l’augmentation des violations des droits de l’Homme dans tous les territoires » du pays au premier semestre 2015, a déclaré son directeur, José Maria Aranaz, lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

« La situation continue à être préoccupante », a estimé M. Aranaz, selon qui « on a documenté 1481 cas de violation » des droits de la personne de janvier à juin, soit une hausse de 30 % par rapport au semestre précédent et de 21 % sur un an.

On a observé une « nette augmentation du nombre de restrictions aux libertés fondamentales par des agents de l’État, dont le respect est essentiel à la tenue d’élections crédibles », a encore dit M. Aranaz, notant néanmoins une amélioration des relations entre les autorités congolaises et son institution.

Le prédécesseur de M. Aranaz, Scott Campbell, avait été expulsé par Kinshasa en octobre, après la publication d’un rapport dénonçant des bavures policières.

Les opposants visés

 

Selon le rapport du BCNUDH, « 77 violations » des droits de la personne « affectant 741 victimes » ont été commises à l’échelle du pays « dans le contexte du processus électoral à venir ». Elles touchent au droit à la liberté d’expression, à l’intégrité physique et au droit de réunion pacifique, et ont été « majoritairement commises à l’encontre d’opposants politiques, de membres de la société civile et de journalistes par des agents » de la police, indique le rapport.

« Dans certains cas, comme lors des manifestations de janvier 2015, les forces nationales de sécurité ont eu recours à un usage excessif de la force et à l’usage d’armes létales pour contrôler la foule », ajoute le rapport.

Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées du 19 au 21 janvier, principalement à Kinshasa, lors d’un mouvement de révolte provoqué par l’examen d’une nouvelle loi électorale au Parlement. Depuis lors, le climat politique est particulièrement tendu à l’approche d’une série d’élections, censée démarrer en octobre pour s’achever par la présidentielle en novembre 2016, à laquelle la Constitution interdit au président Joseph Kabila de se présenter.

M. Kabila dirige la RDC depuis 2001 et entretient le doute sur son avenir politique. L’opposition et une partie de la majorité le soupçonnent de vouloir tout faire pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat.

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