Plusieurs députés européens reçoivent des colis piégés

Bruxelles — Plusieurs députés européens ont reçu des lettres piégées dont deux au moins ont explosé hier sans faire apparemment de victime.

Les colis ont tous été affranchis à Bologne, d'où avaient été envoyées en décembre quatre premières lettres piégées adressées à plusieurs responsables européens.

Le ministère italien de l'Intérieur a annoncé que Rome dirigerait une cellule multinationale chargée d'enquêter sur ces lettres piégées.

À l'issue d'une réunion à Rome avec des experts anti-terrorisme d'Europol et de six pays européens, le ministère a annoncé qu'une cellule serait créée pour enquêter au cours des deux prochains mois sur les mouvements anarchistes, notamment en Espagne, en Italie et en Grèce, et formuler des recommandations destinées à la police.

La police italienne soupçonne des anarchistes opposés à ce qu'ils appellent «le nouvel ordre européen» d'avoir envoyé des lettres piégées à diverses personnalités.

Une première enveloppe adressée à Hans-Gert Pöttering, chef du principal groupe politique du Parlement européen, a explosé dans la matinée à Bruxelles sans faire de blessé après avoir été ouverte par une employée, a annoncé un porte-parole du Parti populaire européen (PPE).

«Elle a pris feu, il y a eu une explosion. Personne n'a été blessé», a déclaré Robert Fitzhenry.

Une deuxième missive piégée s'est enflammée un peu plus tard dans la permanence de l'eurodéputé socialiste britannique Gary Titley à Manchester.

«Le bureau a été envahi par une fumée dense et âcre. Heureusement, personne n'a été blessé», a déclaré à Reuters le porte-parole de Titley, chef de file des travaillistes britanniques au Parlement européen.

À Bruxelles, un autre colis piégé adressé à l'eurodéputé espagnol José Ignacio Salafranca Sanchez-Neyra (PPE) n'a pas explosé et a été transmis à la police belge.

«Il ne fait aucun doute que ce deuxième colis [adressé à Bruxelles] est identique dans tous ses aspects [à celui qui a explosé], a affirmé le porte-parole de la présidence du Parlement, David Harley. Il n'est pas exclu qu'il puisse y avoir d'autres colis.»

Selon le ministre belge de l'Intérieur, Patrick Dewael, cinq enveloppes suspectes ont été découvertes à divers étages du bâtiment du Parlement européen hier, et deux autres colis suspects ont été interceptés à un bureau de poste d'Anvers.

Harley avait auparavant fait état auprès de Reuters de trois autres lettres piégées, en plus de celle adressée à Pöttering. «Ces autres colis ont tous été affranchis à Bologne le 22 décembre», avait-il ajouté.

Dans un communiqué, le porte-parole précise que la police belge collabore avec les services de sécurité du Parlement pour examiner les dizaines de milliers de lettres reçues au cours des dernières semaines.

En raison de la fermeture des institutions européennes pendant les fêtes de fin d'année, il dit ne pas être en mesure d'indiquer la date d'envoi des colis.

En décembre, quatre lettres piégées postées de Bologne avaient été reçues en quatre jours par le président de la Commission européenne Romano Prodi, par le gouverneur de la Banque centrale, Jean-Claude Trichet, par Europol, l'agence européenne de police, et par Eurojust, qui lutte contre le crime transfrontalier.

Le parquet italien a fait savoir le 31 décembre que les autorités avaient bloqué le courrier à destination des institutions européennes en provenance des environs de Bologne.

Cité par le quotidien allemand à grand tirage Bild, Pöttering a estimé que les mesures de sécurité devraient être renforcées au Parlement européen.

«Jusqu'à présent, seul le courrier de [...] Prodi était vérifié. Il est désormais évident que l'ensemble du courrier des eurodéputés doit être vérifié», a-t-il insisté.