Crainte des séismes - L'Iran songe à déplacer sa capitale

Téhéran — Inquiètes d'une répétition possible du drame de Bam dans la région à risque sismique de Téhéran, les autorités iraniennes envisageraient de déplacer la capitale vers une zone plus sûre, ont indiqué hier la presse et des responsables iraniens.

«Le Conseil suprême national de la sécurité examinera prochainement un projet de délocalisation de la capitale de Téhéran», a déclaré le chef du CSNS, Hassan Rohani, cité par le journal Hayat-e No.

Selon Rohani, ce projet a été proposé une première fois en 1991, «mais, en raison de la résistance de certaines franges du pouvoir, le plan a été suspendu». Il a également précisé que le CSNS allait mettre à jour son projet de 1991 pour le soumettre aux autorités avant la fin de l'année calendaire iranienne, en mars 2004. Il n'a toutefois mentionné aucun nom de ville pour remplacer Téhéran en tant que capitale de l'Iran.

Bam a été rasée à 90 % le 26 décembre par un séisme d'une magnitude 6,8 sur l'échelle de Richter. Plus de 30 000 habitants ont été tués dans leur sommeil dans cette ville du sud-est de l'Iran.

Le porte-parole du gouvernement, Abdollah Ramazanzadeh, a indiqué hier que l'hypothèse d'une délocalisation de la capitale était à l'étude depuis 1989 en raison de la densité de population, des difficultés de circulation, de la pollution et des risques de tremblements de terre à Téhéran.

Avant même la catastrophe de Bam, les sismologues prévenaient qu'une secousse équivalente à Téhéran aurait des conséquences désastreuses dans cette ville de 12 millions d'habitants.

Professeur de géophysique à l'université de Téhéran, Bahram Akacheh estime qu'un séisme comme celui de Bam tuerait plus de 700 000 personnes dans la capitale.