Les victimes des violences sexuelles pendant la guerre seront dédommagées

Zagreb — Le Parlement croate a adopté vendredi une loi prévoyant de dédommager les victimes des violences sexuelles vingt ans après la fin de la guerre d’indépendance (1991-1995), reconnaissant ainsi le statut de victime civile du conflit à quelque 2500 personnes ignorées jusqu’à présent.

En vertu de cette loi, les victimes des violences sexuelles, des femmes essentiellement, toucheront une indemnité, versée une fois, d’environ 20 000 euros (27 410 $).

Ces victimes vont également continuer à toucher une pension mensuelle d’environ 320 euros (438,56$)

Elles obtiendront également une aide juridique pour préparer leur dossier et auront aussi le droit à la sécurité sociale gratuite et à un accompagnement psychologique.

Contrairement à d’autres victimes des conflits des années 1990 dans l’ex-Yougoslavie, notamment militaires, celles des violences sexuelles ont longtemps été oubliées non seulement en Croatie, mais également dans les autres pays de la région.

Le nombre de personnes qui ont subi des violences sexuelles pendant les guerres dans les Balkans est estimé à entre 20 000 et 50 000, la plupart étant des musulmanes de Bosnie.

En Bosnie, ces victimes touchent depuis 2006, à savoir 11 ans après la fin de la guerre, une pension mensuelle de 290 euros.

En Serbie, elles ne touchent aucune pension, tout comme au Kosovo, faute de moyens, malgré leur statut officiel de victime du conflit.

La proclamation en 1991 par la Croatie de son indépendance de la Yougoslavie avait été suivie d’une guerre entre les forces de Zagreb et les sécessionnistes serbes soutenus par Belgrade. Ce conflit a fait près de 20 000 morts.