Élection présidentielle de Géorgie - Le «révolutionnaire à la rose», Saakachvili, proclame sa victoire

Tbilissi — Mikhaïl Saakachvili a remporté une large victoire hier à l'élection présidentielle de Géorgie marquant la fin d'une «révolution» populaire contre l'ancien chef d'État Édouard Chevardnadze.

Donné vainqueur avec 85,8 % des suffrages par un sondage indépendant réalisé à la sortie des urnes, Saakachvili s'est engagé devant ses partisans en liesse à ramener paix et prospérité en Géorgie.

«C'est votre victoire, je n'ai pas gagné l'élection. Vous, mon peuple, avez gagné cette élection [...]. Il reste énormément de problèmes à régler, mais nous allons reconstruire notre pays ensemble et prendre le chemin de la démocratie», a déclaré l'avocat de 36 ans.

«Nous voulons rétablir paix et prospérité», a-t-il ajouté aux côtés de son épouse, Sandra, qui tenait dans les mains un bouquet de roses rouges, devenues le symbole du mouvement populaire ayant déposé Édouard Chevardnadze.

Le plus délicat reste pourtant à faire pour Saakachvili, grand favori du scrutin. Au cours de la campagne, il s'est fait le chantre de la lutte contre la corruption, contre la pauvreté touchant environ la moitié de la population, et contre les velléités sécessionnistes de certaines régions de cette ancienne république soviétique.

Signe de l'importance de sa tâche, la province d'Abkhazie a boycotté l'élection tandis que seules les zones d'Ossétie du Sud encore contrôlées par Tbilissi y ont participé.

En Adjarie, fief d'Aslan Abachidze, la participation a été faible.

Saakachvili a cependant affirmé que les Géorgiens lui avaient confié un mandat solide pour mettre en oeuvre sa politique. Il a même évoqué des estimations le créditant de 96 à 97 % des suffrages.

Une nouvelle ère

Les responsables électoraux, tout en précisant que la participation était élevée dans l'ensemble, ont jugé prématuré d'avancer des résultats.

«Nous nous attendons entièrement à ce que Saakachvili soit officiellement proclamé vainqueur», a cependant déclaré Zourab Tchiaberachvili, chef de la commission centrale électorale.

Élu pour cinq ans, Saakachvili a indiqué que ses premières décisions, après l'annonce de nouvelles élections législatives et de la composition de son gouvernement, consisteraient à rapprocher la Géorgie de l'Europe et des États-Unis et à lutter contre la corruption.

Ce scrutin était suivi avec attention par la Russie voisine et les pays occidentaux en raison notamment de la situation stratégique de la Géorgie sur le trajet vers l'Ouest du pétrole de la Caspienne et le projet d'oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan).

Cette consultation devait également être l'occasion pour la Géorgie de réaffirmer son respect du jeu démocratique, les législatives de novembre demeurant entachées par de nombreuses accusations de fraude.

Les deux principaux alliés de Saakchvili dans la «révolution des roses» ont estimé que la victoire de leur candidat commun prouvait que les manifestations de novembre constituaient bien un appel du peuple en faveur du changement.

«C'est une nouvelle ère, une nouvelle époque», a ainsi souligné le ministre Zourab Jvania.