Inde et Pakistan multiplient les gestes de rapprochement

Islamabad —L'Inde et le Pakistan ont multiplié les initiatives de rapprochement hier dont la plus spectaculaire a été l'annonce d'une rencontre aujourd'hui entre le premier ministre indien et le président pakistanais.

En marge d'un sommet régional à Islamabad, les chefs de gouvernements indien, Atal Behari Vajpayee, et pakistanais, Zafarullah Khan Jamali, se sont entretenus pendant environ une demi-heure, dont la moitié en tête-à-tête.

Après cette rencontre, les autorités pakistanaises ont annoncé que Vajpayee, à sa demande, rencontrerait aujourd'hui le président Pervez Musharraf.

Après avoir frôlé la guerre en 2002 sur la question de la région himalayenne du Cachemire, l'Inde et le Pakistan ont multiplié les gestes de rapprochement en 2003 et souhaitent désormais «conserver ce rythme» dans le rétablissement des relations entre les deux puissances nucléaires.

Avant leur rencontre, Vajpayee et Jamali ont échangé poignée de main et sourires devant les objectifs des photographes et des cameramen.

«Laissez-moi vous dire que M. Vajpayee sert très très fermement ma main», a déclaré le premier ministre pakistanais, qui a dit éprouver un profond respect envers son homologue indien, qui ne s'était plus rendu au Pakistan depuis le sommet de Lahore en février 1999.

«C'est un visionnaire, un poète, un écrivain prolifique et un homme politique talentueux, ce qui constitue la marque d'un authentique dirigeant», a-t-il estimé.

Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont également rencontrés de même que Vajpayee et Musharraf se sont croisés au cours d'un dîner organisé hier soir, qui a été l'occasion pour le président pakistanais d'afficher sa volonté de dialogue.

«Nous devons laisser derrière nous l'héritage sombre de la méfiance, de l'amertume et de la tension. Nous le devons à nos peuples, faisons le serment solennel de ne pas les décevoir», a-t-il dit dans une référence claire au conflit indo-pakistanais.

L'Inde accuse les autorités pakistanaises de soutenir militairement les rebelles musulmans du Jammu-et-Cachemire. Le Pakistan rejette les allégations indiennes.