Irak - Visite-surprise de Tony Blair à Bassorah

Bassorah — Le premier ministre britannique Tony Blair, premier allié de Washington dans sa guerre contre le terrorisme, a effectué hier une visite-surprise en Irak afin de rencontrer quelques-uns des 10 000 soldats britanniques qui y sont stationnés.

Arrivé à Bassorah, dans le Sud irakien, à bord d'un avion-cargo militaire en provenance d'Égypte, où il passait des vacances, Blair a déclaré aux soldats britanniques qu'ils étaient «les nouveaux pionniers» d'une armée du XXIe siècle qui devra désormais se battre contre le terrorisme, contre les armes de destruction massive et les régimes brutaux.

Le premier ministre a estimé que la sécurité mondiale se trouvait menacée par «le virus de l'islamisme» et par «les États brutaux et répressifs qui développent des armes qui peuvent provoquer des destructions à grande échelle».

Par la suite, Blair s'est entretenu avec l'administrateur américain Paul Bremer et avec le gouverneur de Bassorah, le juge Ouael Abdoullatif. «Le but de notre action est simple. Il est de faire en sorte que l'Irak devienne un pays stable, prospère et démocratique géré par les Irakiens, sous le contrôle des Irakiens eux-mêmes», a-t-il dit après avoir rencontré le gouverneur.

La question des ADM

Dans l'avion qui le ramenait à Londres après sa visite-surprise aux troupes britanniques, le premier ministre Tony Blair, soupçonné par l'opinion publique britannique d'avoir menti sur la présence d'armes de destruction massive (ADM) en Irak, a réaffirmé hier qu'il ne pensait pas que «les renseignements obtenus étaient faux».

Aucune ADM n'a été trouvée depuis le début de la guerre en Irak le 20 mars 2003. L'existence présumée de ces armes était la principale justification invoquée par M. Blair pour associer son pays aux États-Unis dans la guerre en Irak.

«La première des choses est d'attendre le rapport complet du Groupe d'inspection [Iraq Survey Group, ISG]», qui cherche d'éventuelles ADM en Irak, a déclaré M. Blair.

«Je ne pense pas que la publication du rapport complet devrait être longue, mais je ne peux pas dire exactement quand elle interviendra», a-t-il ajouté.

Il a répété que, selon lui, «les États répressifs hors la loi développant des armes de destruction massive» restaient la plus importante menace du XXIe siècle.

«Il est important de dire aux pays qui pourraient s'être engagés dans de tels programmes: regardez, il existe une autre façon de voir les choses», a-t-il assuré.