Annulation des vols d'Air France vers Los Angeles - Le FBI s'est mépris

Paris - C'est une méprise du FBI, et non un complot terroriste international, qui est à l'origine de l'annulation de six vols d'Air France entre Paris et Los Angeles à Noël la semaine dernière, ont indiqué hier plusieurs responsables policiers, confirmant un article du Wall Street Journal.

De source policière française, on soulignait qu'il y a bien eu un problème d'homonymie entre la liste des suspects du FBI et les passagers embarquant sur les vols sensibles. La police a vérifié ainsi plus d'une demi-douzaine d'identités, dont six qui présentaient une véritable homonymie. De même source, on précisait que des problèmes d'orthographe et de retranscription de noms seraient apparus, tout en soulignant que ce genre de vérification était néanmoins important.

Enfant de cinq ans

Selon le WSJ, qui cite des sources françaises, les autorités françaises ont découvert que le FBI, qui avait fourni une liste de six noms suspects, avait confondu des citoyens ordinaires avec des terroristes présumés.

Ainsi, un passager dont le nom était censé correspondre à celui du chef d'un groupe terroriste basé en Tunisie s'est révélé être un enfant de cinq ans, a confirmé hier le directeur central de la Police aux frontières (PAF), Pierre Debue, lors d'une visite du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

Le principe de précaution

En dépit de ce cafouillage, M. Sarkozy a réaffirmé que ce type de vérification restait important, se disant partisan du «principe de précaution»: «Je préfère qu'on me reproche trop de contrôles plutôt qu'on ait un problème parce qu'il n'y en a pas eu assez. Il vaut mieux qu'on soit plus vigilant que pas assez».

«C'est une période de tension, c'est une période à risques. [...] Qu'un grand pays ami demande qu'on renforce les mesures de sécurité et prenne lui-même des mesures de sécurité personne ne peut le lui reprocher.»

Selon le Wall Street Journal, d'autres «terroristes» éventuels étaient en réalité un agent d'assurances gallois ou une Chinoise âgée tenant un restaurant à Paris. Les trois autres étaient des citoyens français.

Après 48 heures de discussions avec des responsables américains, dont le secrétaire d'État américain Colin Powell, le gouvernement français avait décidé de clouer au sol trois avions d'Air France à destination de Los Angeles, entraînant au total l'annulation de six vols mercredi et jeudi dernier.

Les autorités françaises ont entendu les passagers dont les noms correspondaient à la liste du FBI. Les interrogatoires en présence de responsables de l'administration américaine de la sécurité des transports n'ont rien révélé de suspect, ont précisé des sources françaises au Wall Street Journal. Ce qui n'a pas empêché des chasseurs F-16 américains d'escorter des vols français ces derniers jours.