Trois proches de Sarkozy inculpés pour fraude

L’affaire Bygmalion remonte à la présidentielle française de 2012.
Photo: Michel Euler Agence France-Presse L’affaire Bygmalion remonte à la présidentielle française de 2012.

Paris — Trois hauts responsables de la campagne 2012 de l’ancien président français Nicolas Sarkozy ont été inculpés vendredi dans l’enquête sur un vaste système de fausses factures durant cette présidentielle perdue.

Dans cette « affaire Bygmalion », l’ancien directeur de campagne, Guillaume Lambert, l’ex-trésorier de la campagne, Philippe Briand et un avocat du parti UMP, Philippe Blanchetier, ont été inculpés pour usage de faux, escroquerie, recel d’abus de confiance et complicité de financement illégal de campagne électorale, a indiqué à l’AFP une source judiciaire.

Au total, dix personnes ont été inculpées dans ce dossier, en comptant en plus quatre anciens cadres de Bygmalion et trois ex-cadres de l’UMP.

Les enquêteurs ont la conviction qu’ils ont participé à la mise en place d’un système de fausses factures pour que l’UMP prenne en charge environ 18,5 millions d’euros de dépenses de la campagne de Nicolas Sarkozy.

But : empêcher que ces frais de réunions soient inscrits au budget de campagne et n’explosent le plafond autorisé de 22,5 millions d’euros, qui a finalement quand même été dépassé.

Dans ce but, la filiale de Bygmalion, Event and Cie, a rédigé des fausses factures à l’UMP, pour des dizaines d’événements dont certains n’ont pas été organisés, tandis que les coûts des réunions auraient été systématiquement minorés dans les comptes de campagne officiels présentés, d’où la qualification d’escroquerie.

Me Alexandre Varaut, l’avocat de Philippe Blanchetier, a déclaré que celui-ci « n’a rien décidé, rien signé », et « si des gens ont triché, ils n’ont pu le faire qu’en se cachant de lui ».

Guillaume Lambert a quant à lui déjà affirmé qu’il n’avait jamais été question pour lui d’un maquillage des comptes. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé vendredi en soirée qu’il allait proposer au président de la République de mettre fin à ses fonctions de préfet de Lozère en raison de cette inculpation.

Quant à Nicolas Sarkozy, qui n’a pas été entendu dans ce dossier, il avait contesté l’existence même d’un « système de double facturation », assurant qu’il n’avait « appris le nom de Bygmalion […] que longtemps après la campagne présidentielle ».

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