L’Argentine s’inquiète des activités militaires britanniques

Buenos Aires — L’Argentine a dénoncé auprès d’organisations internationales, dont les Nations unies, le renforcement du dispositif militaire britannique aux Malouines, îles disputées entre les deux pays, a indiqué lundi le ministère des Affaires étrangères argentin.

Dans un communiqué, remis notamment aux Nations unies et au groupe G77 +Chine, Buenos Aires estime que le dispositif armé britannique « génère une tension non nécessaire et injustifiée dans l’Atlantique sud, une zone caractérisée par sa vocation pacifique et libre d’armes nucléaires ».

Le communiqué a également été transmis au Marché commun du sud (Mercosur), à l’Union des nations sud-américaines (Unasur) et à la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (Celac).

Le gouvernement de Cristina Kirchner souligne que seul un dialogue entre Buenos Aires et Londres aboutirait sur la résolution du conflit.

Long conflit

Le désaccord dure depuis plus de 182 ans et a été ravivé la semaine dernière, après l’annonce du ministre britannique de la Défense Michael Fallon de renforcer la présence militaire sur les îles, qui se trouvent à 400 km des côtes argentines.

M. Fallon avait expliqué qu’il était nécessaire de « moderniser [le] dispositif de défense » des Malouines (Falklands, en anglais), un investissement de 180 millions de livres anglaises car l’Argentine fait peser « une menace très vive ». Le ministre des Affaires étrangères argentin avait qualifié cette décision de « provocation ».

Les Malouines sont toujours revendiquées par l’Argentine plus de 30 ans après la guerre éclair qui a opposé ce pays au Royaume-Uni en 1982 pendant 74 jours, faisant quelque 900 morts : 649 soldats argentins, 255 Britanniques et trois habitants de l’île. La défaite avait précipité la chute de la junte militaire au pouvoir à Buenos Aires.