Entre réussite et espoir

Vicky Fragasso-Marquis Collaboration spéciale
Le théâtre est un des moyens d’éducation utilisés par les organisations non gouvernementales.
Photo: T.E.A.M. Le théâtre est un des moyens d’éducation utilisés par les organisations non gouvernementales.

Ce texte fait partie du cahier spécial Coopération - Semaine du développement international

Le développement international a aussi un visage positif ; les organismes de coopération constatent des progrès et gardent espoir pour l’avenir. Tel est le message de la Semaine du développement international, organisée par le réseau de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), qui s’est tenue du 1er au 7 février.​
 

« Il y a vraiment des choses positives qui se font en coopération internationale, puis il y a une manière de changer les choses malgré tout, même s’il reste beaucoup de travail à faire », a souligné Amélie Nguyen, analyste politique à l’AQOCI, en entrevue téléphonique. Les organisations profitent ainsi de cette semaine pour rejoindre les citoyens et leur faire comprendre qu’ils peuvent tous contribuer à bâtir un monde meilleur.

L’AQOCI a ciblé cinq grands enjeux qui seront abordés par différents organismes : les inégalités en général, l’égalité entre les hommes et les femmes, les changements climatiques, la santé des mères et des enfants ainsi que la paix. Des activités portant sur ces différents thèmes seront présentées dans les cégeps pour rejoindre les jeunes. « On veut varier la gamme d’âges, et le fait d’aller dans les cégeps élargit la portée de notre message », a noté Mme Nguyen.

L’Association a aussi misé sur la publication de caricatures sur son site Internet, qui ont été réalisées par des artistes québécois, dont Richard « Suicide », Francis Desharnais et Alexandre Fontaine Rousseau. « L’humour vient rejoindre les gens d’une manière différente ; un peu plus irrévérencieuse, plus mobilisatrice parfois. Ça frappe les esprits », a expliqué l’analyste politique de l’AQOCI.

Mondialisation des enjeux

 

Amélie Nguyen croit qu’il est possible d’attirer l’attention des Canadiens sur la coopération internationale, en démontrant toute l’interrelation entre leurs problèmes locaux et ceux des pays en voie de développement. « Quand on parle d’inégalités, ça affecte les Canadiens comme ça affecte les Maliens. C’est un peu la même logique faisant que les inégalités s’approfondissent au sein des pays », a-t-elle expliqué.

Selon elle, les crises financières récentes et les conséquences des changements climatiques démontrent plus que jamais que le destin du Canada est lié à celui des autres pays. « Les Canadiens sont des citoyens du monde et ils ont un rôle à jouer », a-t-elle affirmé.

«Un réseau en crise»

L’AQOCI tenait d’ailleurs une conférence, le jeudi 5 février, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) sur la santé des mères et de leurs enfants, un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre depuis les dernières années. Lors de son discours à la dernière Assemblée générale des Nations unies, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a annoncé qu’il investirait 3,5 milliards de dollars sur cinq ans pour les mères et les enfants des pays en voie de développement.

Mme Nguyen reconnaît que cette décision du Canada constitue une « amélioration ». Elle a toutefois relevé qu’il s’agit ici d’un « financement prévisible », qui touche un secteur très pointu. Ce n’est donc pas suffisant, selon elle, et elle espère que la semaine — qui est d’ailleurs financée par le gouvernement fédéral — permettra aussi d’attirer l’attention des élus.

« C’est un réseau en crise à plusieurs égards. Des organismes ont dû couper du personnel et couper des liens avec les partenaires du Sud », a-t-elle regretté.

En vertu des Objectifs du millénaire pour le développement, adoptés par les 193 membres des Nations unies, les pays riches s’étaient engagés à réserver 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide internationale.

Or le directeur parlementaire du budget estimait que le Canada avait versé 0,27 % de son PIB en 2013-2014, alors qu’il avait investi 0,34 % deux ans plus tôt. « Les compressions de dépenses prévues en 2014-2015 feront encore baisser ce pourcentage », était-il écrit dans le rapport publié à la mi-janvier.

Mme Nguyen juge cependant que, dans les dernières années, le gouvernement s’est montré plus ouvert aux discussions. « On réussit à les rencontrer, c’est quand même positif », a-t-elle conclu.

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