Pérou - En réponse à une fronde, Toledo nomme un nouveau gouvernement

Lima — Le président péruvien Alejandro Toledo a nommé hier un nouveau gouvernement, le quatrième en 30 mois, qui sera dirigé par le parlementaire Carlos Ferrero, un proche du chef de l'État, en remplacement de la première ministre Beatriz Merino proche, quant à elle, de l'écrivain Mario Vargas Llosa.

Sur les 16 ministres que compte le gouvernement, onze conservent leurs portefeuilles et cinq, premier ministre, Agriculture, Défense, Relations extérieures et de la Femme, changent de titulaire.

Le chef de l'État avait demandé vendredi soir la démission de l'ensemble de l'équipe gouvernementale ainsi que celle de tous ses conseillers personnels.

Par cette initiative, il prenait de vitesse la première ministre qui avait fait savoir à travers la presse sa ferme intention de renoncer définitivement à son poste, lasse, avait-elle indiquée, de la campagne de dénigrement menée à son encontre par des membres influents du parti du chef de l'État, Pérou possible.

La formation de ce nouveau gouvernement, qui a été opérée dans un climat de crise politique rampante, alimentée par les luttes intestines qui opposent les diverses factions de la majorité présidentielle, s'apparente plus à un simple remaniement destiné à resserrer les rangs autour du chef de l'Etat, qu'à la profonde recomposition qu'attendait une partie de la presse locale.

Toledo critiqué

Le nouveau premier ministre Ferrero a été un parlementaire membre de la majorité qui soutenait le président destitué Alberto Fujimori, exilé depuis trois ans au Japon, dont il a la nationalité.

L'ex-première ministre avait été nommée en juillet dernier, sur recommandation de l'écrivain Mario Vargas Llosa.

A mi-mandat, le président Toledo est confronté depuis plusieurs mois non seulement à des critiques de plus en plus acerbes sur «son incompétence» la part de l'opposition et à un rejet massif de la part de l'opinion publique (80% d'opinions défavorables), mais aussi à un risque d'implosion de son propre parti Pérou possible qui est en proie à des luttes intestines entre factions, alimentées par des ambitions personnelles.