Quatre hommes mis en examen et emprisonnés

Quatre hommes interpellés dans l’enquête sur les attentats de Paris des 7, 8 et 9 janvier ont été mis inculpés et emprisonnés dans la nuit de mardi à mercredi, a annoncé le procureur de Paris, François Molins.

Trois d’entre eux sont notamment poursuivis pour avoir acheté dans des armureries du «matériel» pour Amédy Coulibaly, meurtrier d’une policière municipale et auteur de la prise d’otages qui avait fait quatre morts dans un supermarché casher à Paris, a-t-il précisé. Ce «matériel» comprend des gilets tactiques (servant à stocker des chargeurs d’armes automatiques), des couteaux, un pistolet Taser et des bombes lacrymogènes.

Âgés de 22 à 28 ans, originaires de la banlieue parisienne, ces hommes faisaient partie des connaissances de l’auteur de la prise d’otages du supermarché Hyper Cacher (4 morts) le 9 janvier et du meurtre la veille d’une policière municipale dans une ville de la proche banlieue parisienne. Ils ont été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes» et, pour l’un d’entre eux, pour détention, port ou transport d’armes.

À ce stade, aucun d’eux n’est poursuivi pour complicité d’assassinat et leur rôle semble pour l’instant cantonné à celui d’un soutien logistique à Amédy Coulibaly.

Dès le début des investigations, les enquêteurs ont passé au crible l’entourage des tueurs. Mais «force est de constater qu’à ce jour les investigations ont essentiellement progressé» sur le volet Coulibaly «et non sur le volet des frères» Saïd et Chérif Kouachi, les tueurs de Charlie Hebdo, qui ont fait 12 morts le 7 janvier, a précisé M. Molins.

Mardi, la justice bulgare a ordonné l’extradition en France d’un proche des frères Kouachi, Fritz-Joly Joachin, qui avait été arrêté le 1er janvier à la frontière bulgaro-turque avec son fils de 3 ans, soit six jours avant la première tuerie.

Par ailleurs le procureur de Paris a indiqué mercredi que le joggeur blessé par balles le 7 janvier alors qu’il courait sur une piste cyclable de la proche banlieue parisienne pourrait avoir été victime «d’un tir d’entraînement» destiné à tester l’une des armes qui allait être utilisée deux jours plus tard par Amédy Coulibaly. Touché au dos et à une jambe, l’homme de 32 ans avait réussi à se traîner jusque chez des riverains, qui avaient donné l’alerte.