La bataille contre Ebola est loin d’être terminée, dit l’ONU

Le sang du médecin italien Fabrizio Pulvirenti, qui est guéri d’Ebola, sera utilisé pour fabriquer du plasma et soigner d’autres malades en Afrique de l’Ouest.
Photo: Andrew Medichini Associated Press Le sang du médecin italien Fabrizio Pulvirenti, qui est guéri d’Ebola, sera utilisé pour fabriquer du plasma et soigner d’autres malades en Afrique de l’Ouest.

Accra — L’Afrique de l’Ouest est loin d’être débarrassée d’Ebola, a déclaré vendredi le chef sortant de la Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER), Anthony Banbury. Il invite donc la communauté internationale à poursuivre ses efforts contre l’épidémie.

« Je pense que la mobilisation a porté ses fruits, mais nous avons encore un long chemin à parcourir […] il s’agit d’un combat très difficile et nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve »,a déclaré en conférence de presse dans la capitale ghanéenne celui qui cédera samedi sa place au Mauritanien Ismail Ould Cheikh Ahmed.

« Ce qui m’inquiète surtout, c’est quand nous allons atteindre des chiffres plus bas — ce qui devrait arriver assez tôt en 2015, j’en suis convaincu… Mais deux cas par-ci et trois cas par-là, cela reste une menace préoccupante pour n’importe quelle communauté ou n’importe quel pays », a-t-il souligné, appelant la communauté internationale à ne pas se détourner de l’Ebola jusqu’à ce que l’épidémie soit entièrement éradiquée.

L’UNMEER a été créée pour piloter la lutte contre l’épidémie dans les trois pays les plus touchés (Liberia, Sierra Leone et Guinée). Il s’agit de la première mission de terrain de l’ONU consacrée spécifiquement à une crise de santé publique.

Le sang d’un médecin guéri comme remède

Les recherches pour trouver un nouveau remède contre l’épidémie se poursuivent. Le sang de Fabrizio Pulvirenti, médecin italien qui avait contracté le virus Ebola et a été déclaré guéri vendredi, sera utilisé pour fabriquer du plasma et soigner d’autres malades en Afrique de l’Ouest.

« Nous produirons avec le sang de Fabrizio Pulvirenti le plasma nécessaire » contenant des anticorps « qui sera utilisé en Afrique pour d’autres malades d’Ebola », a annoncé devant la presse le directeur scientifique de l’hôpital Spallanzani, Giuseppe Ippolito.

Les quatre médicaments expérimentaux utilisés pour soigner le médecin italien seront rendus publics fin janvier, à l’issue d’une procédure harmonisée avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a précisé M. Ippolito.

Fabrizio Pulvirenti avait contracté le virus Ebola fin novembre en Afrique de l’Ouest et doit quitter l’hôpital Spallanzani vendredi.

« Il y a un peu plus d’un mois, le 25 novembre, on s’interrogeait sur l’avenir de cet extraordinaire médecin. On a passé entre-temps des moments difficiles et aujourd’hui nous pouvons annoncer officiellement, avec satisfaction et orgueil, la guérison du patient », a annoncé Valerio Fabio Alberti, le responsable de l’hôpital.

Fabrizio Pulvirenti travaillait depuis octobre pour l’ONG italienne Emergency à Lakka, en Sierra Leone, quand il a contracté la maladie. « Je remercie chacun des médecins qui se sont occupés de moi, ils ont fait un travail incroyable », a-t-il déclaré au cours de la même conférence de presse à laquelle assistaient également la présidente d’Emergency, Cecilia Strada, et la ministre italienne de la Santé, Beatrice Lorenzin. Il a affirmé son intention de retourner en Sierra Leone.

Une infirmière britannique qui a contracté l’Ebola lors d’une mission humanitaire en Sierra Leone avait elle aussi reçu un traitement antiviral expérimental ainsi que du plasma sanguin prélevé sur un malade guéri de cette fièvre hémorragique.

L’Ebola a fait en un an au moins 7890 morts sur un total de 20 171 cas enregistrés dans les trois pays les plus touchés, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, selon un dernier bilan.

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