Les civils ukrainiens en proie à la torture

Des rebelles prorusses dans l’est de l’Ukraine
Photo: Éric Feferberg Agence France-Presse Des rebelles prorusses dans l’est de l’Ukraine

Kiev — L’ONU a accusé lundi aussi bien les forces ukrainiennes que les rebelles prorusses de se livrer à des actes de « torture » contre les civils dans l’est de l’Ukraine, en proie à un conflit meurtrier depuis huit mois.

Dans un nouveau rapport sur les droits de l’Homme publié lundi, l’ONU déplore également une nette détérioration des conditions de 5,2 millions d’habitants se trouvant dans la zone du conflit, en plein hiver, et qui vivent dans des maisons sans eau ni chauffage, les combats ayant endommagé les installations.

« La situation devient extrêmement compliquée pour la population, surtout pour les personnes âgées, les enfants et ceux qui sont pris en charge par les institutions publiques dont beaucoup sont à la limite de la survie », selon le rapport.

En novembre le gouvernement ukrainien a cessé de verser toute prestation sociale aux territoires sous contrôle rebelle.

« Les efforts du gouvernement pour protéger l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de rétablir l’ordre dans la zone du conflit ont été accompagnés de détentions arbitraires, d’usage de torture et de disparitions de personnes soupçonnées de séparatisme et terrorisme », selon le rapport.

« La plupart de ces violations des droits de l’Homme semblent avoir été commises par certains bataillons de volontaires ou par les Services de sécurité ukrainiens (SBU) », selon la même source.

« État criminel »

L’ONU accuse également les rebelles d’avoir créé « un État criminel » dans les parties qu’ils contrôlent dans les régions industrielles de Donetsk et de Lougansk avec le soutien des « combattants étrangers », une référence aux troupes d’élite russes dont Moscou nie la présence.

« Comme la loi et l’ordre sont de moins en moins respectés, les abus tels que meurtres, torture, enlèvements contre rançon ou travail forcé sont commis par des membres de groupes armés soutenus par des combattants étrangers », écrit le rapport.

Au cours d’une conférence de presse à Kiev, l’émissaire de l’ONU chargé des droits de l’homme Ivan Simonovic a souligné que les rebelles étaient responsables d’un plus grand nombre de crimes répertoriés par les observateurs de l’ONU déployés en Ukraine après l’annexion de la Crimée en mars.

« Concernant le nombre de crimes et autres violations des droits de l’homme, la majorité a été commise par des représentants de groupes armés », a-t-il déclaré.

Plus de 4700 morts

Il a également noté « un progrès limité » dans les enquêtes menées par Kiev concernant quelque 300 cas de bombardements non ciblés enregistrés depuis le début du conflit qui a fait, selon le dernier bilan, 4707 morts depuis la mi-avril.

Selon M. Simonovic, 1357 personnes ont été tuées depuis l’instauration le 5 septembre d’un cessez-le-feu qui a toutefois permis de réduire les violences.

Au cours des semaines ayant précédé cette trêve, le bilan était de 42 morts en moyenne par jour, qui est tombé depuis à 13.

2 commentaires
  • Benoît Gagnon - Inscrit 16 décembre 2014 12 h 40

    Torture « normale »

    Mon petit doigt me dit que les États-Unis ne commenteront pas l'affaire. Ça me fait sourire jaune tellement c'en est navrant.

  • Sylvain Rivest - Inscrit 16 décembre 2014 14 h 14

    Et poutine se demande pourquoi l'europe se braque contre eux

    La Russie et dirigé par le crime organisé. Les USA aussi sans parler du canada et de bien d'autres pays mais Poutine, lui, ne s'en cache pas.

    C'est la seul différence.

    Au final c'est le peuple qui en souffre.

    On doit changer le monde et pour cela il faut que cesse la division.