Prise d’otages dans un café de Sydney

Des images de télévision montrent des hommes des forces de l’ordre en équipement lourd, pointant des armes à feu en direction de l’établissement.<br />
Photo: Capture d'écran Channel 7 News Des images de télévision montrent des hommes des forces de l’ordre en équipement lourd, pointant des armes à feu en direction de l’établissement.

Sydney — Trois personnes ont emprunté une sortie de secours pour fuir un café de Sydney, en Australie, où un homme armé a pris un nombre indéterminé de personnes en otage, en pleine heure de pointe matinale lundi. Deux personnes à l’intérieur ont été vues brandissant ce qui semble être un drapeau noir avec des inscriptions en arabe.

La commissaire adjointe de la police de Nouvelle-Galles-du-Sud, Catherine Burn, a confirmé que trois personnes « avaient émergé de l’endroit » où la prise d’otages avait lieu.

Elle a ajouté qu’aucune information ne laissait croire que des personnes avaient été blessées à ce moment.

Les trois personnes ont été vues en direct, se précipitant à l’extérieur de la porte, passant des policiers lourdement armés et disparaissant en tournant un coin de rue.

Selon des rapports non confirmés, il pourrait rester jusqu'à 15 otages à l'intérieur du café.

Place Martin

Le développement est survenu six heures après que l’homme armé fut entré à l’intérieur du café Lindt Chocolat de la place Martin, au cœur du district financier et commercial de Sydney, très fréquenté en cette période de l’année. Le quartier abrite notamment le bureau du premier ministre, la banque centrale d’Australie et le siège des deux plus grandes banques du pays. Le parlement de l’État se trouve à quelques coins de rue de là.

De nombreux policiers lourdement armés ont été déployés autour du café, situé dans le quartier financier de Sydney. Les rues du secteur ont été fermées, des bureaux ont été évacués et la police a demandé au public de rester à l’écart.

Des images diffusées par des télévisions australiennes montrent toutefois des gens avec les mains en l’air et d’autres qui appuient leurs mains contre la vitrine de l’établissement. Certaines images montrent deux personnes dans le café brandissant ce qui semble être un drapeau noir avec des inscriptions en arabe.

Obama et Harper informés

L’Australie, engagée aux côtés des États-Unis dans la lutte contre le groupe État islamique (EI), est sur les dents depuis qu’elle a relevé en septembre son niveau d’alerte face à la menace terroriste représentée par les combattants djihadistes australiens de retour d’Irak et de Syrie.

Le président américain Barack Obama a été informé de la situation, a annoncé à Washington Lisa Monaco, sa conseillère pour les affaires de terrorisme.

Le premier ministre Stephen Harper et d’autres responsables du gouvernement canadien suivaient attentivement, dimanche soir, l’opération policière en cours en Australie, qui serait liée à une prise d’otages.

« Les pensées et les prières du Canada sont tournées vers nos amis australiens », a écrit M. Harper sur Twitter.

«Violence politique»

Le premier ministre australien Tony Abbott a convoqué le Comité de sécurité nationale réunissant les membres de son gouvernement et des conseillers chargés des questions de sécurité afin de faire face à la situation.

« Nous ne connaissons pas les motivations de l’auteur, nous ne savons pas s’il agit pour des motifs politiques, mais de toute évidence, il existe des éléments allant dans ce sens », a-t-il déclaré à la presse.

« Le but de la violence politique, c’est de faire peur aux gens pour qu’ils ne soient plus eux-mêmes. L’Australie est une société pacifique, ouverte et généreuse. Rien ne doit changer cela et c’est pour cela que je demande aux Australiens de vaquer à leurs occupations habituelles », a lancé M. Abbott.

Patrick Byrne, un producteur de la chaîne de télévision Channel Seven, dont la rédaction se trouve en face du café, a indiqué que le personnel de la chaîne avait vu la prise d’otages se dérouler sous ses yeux.

« Nous nous sommes précipités à la fenêtre et nous avons eu la vision choquante et glaçante de personnes plaçant leurs mains levées contre les vitres du café », a-t-il dit à l’Australian Broadcasting Corporation.

De nombreux commerces ont fermé. Seules quelques personnes pouvaient être vues en train de marcher dans les rues qui grouillent habituellement de monde. « C’est triste de penser que c’est chez moi ici et que cela peut se produire partout », disait Rebecca Courtney, une habitante.

Peu avant l’annonce de la prise d’otages, la police avait fait état de l’arrestation d’un homme à Sydney dans le cadre d’une enquête sur la préparation d’attentats en Australie. Le chef de la police de Nouvelle-Galles-du-Sud a dit qu’il ne pensait pas que les deux affaires soient liées.

Le suspect, âgé de 25 ans, a été interpellé dans le cadre « d’investigations en cours sur la préparation d’un attentat sur le territoire australien et l’aide au voyage de citoyens australiens vers la Syrie pour participer à des activités armées », selon un communiqué.

À l'Opéra

La police est intervenue au même moment à l’Opéra de Sydney, qui a été évacué à la suite apparemment d’une alerte au colis suspect.

D’après les estimations, plus de 70 Australiens combattent actuellement dans les rangs djihadistes en Irak et en Syrie. Au moins 20 Australiens y ont été tués et les autorités craignent que de plus en plus de jeunes Australiens ne se radicalisent et commettent des attentats sur le territoire australien.

Fin octobre, l’Australie a durci sa législation antiterroriste en interdisant en particulier tout voyage sans raison valable vers des pays considérés comme des foyers du terrorisme international.