Le sperme pourrait transmettre l’Ebola pendant trois mois

Genève — Le sperme pourrait continuer de transmettre le virus Ebola jusqu’à 82 jours après la guérison clinique du patient, soit près de 12 semaines, a annoncé vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève.

Si les études à ce sujet sont encore peu nombreuses, l’organisation sanitaire préconise aux personnes infectées de s’abstenir de toute relation sexuelle, dont le sexe oral, durant les trois mois suivant l’apparition des premiers symptômes, ou sinon d’utiliser des préservatifs, et de garder une bonne hygiène après s’être masturbé.

L’incubation du virus de la fièvre hémorragique Ebola peut normalement durer jusqu’à 21 jours, période pendant laquelle la personne doit rester en observation. Mais les sujets atteints restent contagieux tant que le virus est présent dans leur sang et leurs liquides biologiques, y compris le sperme et le lait maternel.

Dans une étude datant de 1995 sur un cas d’Ebola d’un patient de République démocratique du Congo, l’OMS affirme que des traces du virus avaient été retrouvées dans son sperme « 82 jours après le début de son infection ».

De telles traces avaient également été retrouvées 40 jours après les premiers symptômes d’un patient convalescent en Ouganda dans une étude de 2000 et 61 jours après dans une autre étude datant de 1977.

À la question de savoir si le sperme testé positivement à Ebola est infectieux, l’OMS n’entend pas tirer de conclusions, les études à ce sujet n’étant pas assez significatives. Elle préfère seulement diffuser un message de prévention aux populations concernées.

Fortement contagieux, le virus Ebola se transmet pourtant moins facilement que nombre de maladies courantes (environ deux personnes par malade), en raison notamment de son mode de contamination, par contact direct avec les fluides corporels (sang, sperme, vomissures, matières fécales, voire salive et sueur), mais pas par voie aérienne.

Après une période d’incubation de 2 à 21 jours — en moyenne autour de cinq jours, selon les travaux de chercheurs suisses — l’Ebola se caractérise souvent par une brusque fièvre, avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, céphalées et maux de gorge.

Elle est souvent suivie de vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, insuffisance rénale et hépatique et hémorragies internes et externes.

Le nombre de morts dus à l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola s’élève à 5689 sur un total de 15 935 personnes infectées par le virus, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé publié mercredi.