Poutine est attendu de pied ferme au G20

Grande-Bretagne et Australie ont vivement critiqué vendredi l’action de la Russie dans la crise ukrainienne, avant un G20 aux accents de guerre froide, avec des navires russes au large de l’Australie et un ultimatum de Moscou à la France pour qu’elle livre les Mistral.

Avant même son arrivée en Australie, le président russe Vladimir Poutine a réaffirmé son opposition à la formation d’éventuels « nouveaux blocs » au sein du G20, opposant les Occidentaux aux pays émergents, dans une interview publiée vendredi.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a averti dans un discours devant le Parlement australien à Canberra que la Russie s’exposait à de nouvelles sanctions occidentales si elle ne s’engageait pas à régler le conflit ukrainien. M. Cameron, comme son homologue australien Tony Abbott, hôte du G20, ont employé des mots très fermes contre M. Poutine.

La Russie se comporte comme un « grand État agressant de plus petits États en Europe », a lancé le chef du gouvernement britannique avant de se rendre à Brisbane pour ce sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays les plus puissants du monde, samedi et dimanche.

M. Abbott a dénoncé l’accroissement des activités militaires tous azimuts de la Russie, citant en particulier l’apparition de plusieurs navires de la marine russe cette semaine au nord des côtes australiennes. « Qu’il s’agisse d’agresser l’Ukraine, qu’il s’agisse de la multiplication des vols d’avions militaires dans l’espace aérien du Japon, des pays européens, qu’il s’agisse de la force navale qui est maintenant dans le Pacifique Sud, la Russie est beaucoup plus sûre d’elle maintenant qu’elle ne l’a été depuis longtemps », a lancé M. Abbott.

« La Russie serait beaucoup plus attrayante si elle aspirait à être une superpuissance pour la paix, la liberté et la prospérité, au lieu de tenter de recréer la gloire perdue du tsarisme ou de l’Union soviétique », a-t-il ajouté.

Blocs

M. Poutine est arrivé vendredi dans la soirée à Brisbane. Auparavant, il avait réitéré son opposition à la formation d’éventuels « nouveaux blocs » au sein du G20 : « Ce n’est pas du tout constructif et même nuisible à l’économie mondiale », a-t-il dit à l’agence de presse officielle TASS, précisant qu’il avait « plusieurs rencontres » prévues à Brisbane, notamment avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

L’Ukraine sera également l’un des thèmes abordés à Brisbane par le président américain Barack Obama, arrivée samedi matin, pour l’ultime étape de sa tournée asiatique.

L’OTAN a confirmé cette semaine les affirmations de Kiev accusant la Russie d’avoir déployé des troupes et équipements militaires russes dans l’est de l’Ukraine contrôlé par des rebelles prorusses, ce que Moscou a farouchement nié.

Et la Russie a accusé vendredi les observateurs de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) déployés en Ukraine de soutenir de facto les autorités de Kiev.