Un juge refuse d’imposer une quarantaine à l’infirmière du Maine

L’infirmière Kaci Hickox
Photo: Spencer Platt Getty Images Agence-France-Presse L’infirmière Kaci Hickox

Un juge du Maine a refusé vendredi de limiter les déplacements de l’infirmière Kaci Hickox, qui refuse de respecter une quarantaine depuis qu’elle est rentrée d’Afrique de l’Ouest après avoir traité des patients infectés par le virus Ebola.

Le juge Charles C. LaVerdiere a statué que Mme Hickox doit continuer à se soumettre à une évaluation quotidienne de son état de santé et qu’elle doit coordonner ses voyages avec les responsables. Il a toutefois précisé qu’elle n’est pas contagieuse, puisqu’elle n’a pas de symptômes.

Le Maine voulait placer Mme Hickox en quarantaine pour 21 jours, jusqu’au 10 novembre. Elle et son conjoint habitent la ville de Fort Kent, qui se trouve directement sur la frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. L’infirmière affirme que la quarantaine est inutile puisqu’elle n’a aucun signe de la maladie.

Les policiers qui surveillaient sa résidence ont quitté les lieux un peu après 12 h 30.

Le gouverneur du Maine, Paul LePage, avait annoncé jeudi que les négociations entre les avocats de Mme Hickox et les représentants de l’État se trouvaient dans une impasse.

Le Canada bloque ses frontières

Le Canada suit les traces de l’Australie en suspendant la délivrance de visas aux ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest touchés par l’épidémie ou aux personnes qui y ont séjournédans les trois derniers mois, a annoncé vendredi le gouvernement.

« Citoyenneté et Immigration Canada ne traitera aucune nouvelle demande de visa et ne poursuivra le traitement d’aucune demande de visa » en cours pour les personnes originaires des pays d’Afrique de l’Ouest déclarés touchés par le virus par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est-il indiqué dans la Gazette du Canada de vendredi. Ce changement entre en vigueur immédiatement.

Plus largement, « les étrangers qui se sont rendus dans un pays touché par l’Ebola » dans les trois mois précédant le dépôt de la demande de visa sont également inadmissibles à sa délivrance, selon le ministère de l’Immigration.

« L’introduction ou la propagation de la maladie présenterait un risque imminent et grave pour la santé publique au Canada », a estimé le ministère de l’Immigration pour justifier sa décision. C’est, selon l’arrêté, une mesure sanitaire pour « aider à la prévention de la transmission et de la propagation de la maladie à virus Ebola au Canada ».

Un porte-parole de Citoyenneté et Immigration Canada a précisé que même si la décision se rapproche de celle prise par le gouvernement australien plus tôt cette semaine, elle n’est pas aussi contraignante.

Le Canada a procédé à plusieurs reprises à des tests sur des personnes présentant des symptômes de cette maladie, mais aucun cas avéré n’a pour le moment été relevé par le ministère de la Santé.

Nouveaux centres de traitement

À l’étranger, la présidente du Liberia a inauguré vendredi, à Monrovia, un des plus importantscentres de traitement du pays à l’intention des victimes du virus Ebola.

Des représentants des États-Unis et de l’ONU, ainsi que des médecins cubains, ont assisté à la cérémonie en compagnie d’Ellen Johnson Sirleaf. Le centre peut actuellement accueillir 200personnes et pourra en accommoder 300.

Le pays se prépare à affronter une nouvelle vague d’infections, même si les responsables témoignaient plus tôt cette semaine d’une légère amélioration de la situation. L’OMS a dit que le rythme des infections semblait ralentir, tout en prévenant que la situation pourrait recommencer à se détériorer si la vigilance est relâchée.

Certains croient que la décision de Mme Johnson d’ordonner l’incinération des corps de toutes les victimes incite certains malades à se cacher chez eux, puisque l’incinération va à l’encontre des traditions libériennes. L’organisation Médecins sans frontières essaie par exemple de comprendre pourquoi seulement 80 des 250 lits d’une de ses cliniques sont occupés.

Plus de 13 700 personnes ont été infectées par le virus, dont près de la moitié seulement au Liberia. En Sierra Leone, des dirigeants ont prévenu vendredi que l’état d’urgence proclamé il y a trois mois demeure en vigueur et qu’ils n’ont aucune intention de l’annuler prochainement.

1 commentaire
  • Georges LeSueur - Inscrit 1 novembre 2014 13 h 27

    quarantaine justifiée ou pas ?

    dans une mesure touchant à la sécurité publique, il faut discerner -et trancher- entre le bien public et individuel. ce qu on ne fait pas par abus des droits individuels.
    si la mesure est vraiment justifiée, le bien public prédomine. si elle ne l est pas, elle n a pas sa raison d être.
    rappelons que si des mesures strictes avaient été prises et observées, tant pour ebola que pour le sida des années 80, on aurait évité maintes victimes, dues pour la plupart à l inobservance des règles qui s imposent en cas d épidémie.