L'espoir d'une sortie de crise se profile en Ukraine

De jeunes enfants assistent à une réunion de soldats à Shchastya, dans l’Est ukrainien.
Photo: Petro Zadorozhnyy Associated Press De jeunes enfants assistent à une réunion de soldats à Shchastya, dans l’Est ukrainien.

C’est dans un contexte d’extrême tension que s’ouvre, ce jeudi, le sommet de l’OTAN à Newport au Royaume-Uni. La crise ukrainienne va accaparer une bonne partie des discussions alors que l’Alliance atlantique songe à adopter des mesures militaires contre la Russie qui menace plusieurs de ses membres. Mais le président russe, Vladimir Poutine, a devancé le coup en proposant mercredi un plan de règlement de la crise tout en démentant avoir conclu un cessez-le-feu, comme l’a affirmé l’Ukraine.

 

Le président Poutine a donc profité de son voyage en Mongolie pour présenter un plan en sept points pour régler la crise ukrainienne. Ce plan prévoit notamment la fin des offensives dans l’est du pays, l’échange de prisonniers, la création d’un corridor humanitaire et éventuellement la reconstruction de la région. « J’ai ébauché quelques réflexions, un plan d’action », a déclaré M. Poutine lors d’une allocution retransmise par la chaîne de télévision Rossia 24. Selon le dirigeant russe, il faut avant tout « mettre fin aux opérations offensives » entre l’armée ukrainienne et les rebelles prorusses dans les régions de Donetsk et de Lougansk.

 

Le président Poutine a même affirmé qu’il aimerait un accord final d’ici vendredi.

 

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a rapidement réagi à cette annonce en rejetant ce plan de règlement. « Ce nouveau plan est de la poudre aux yeux à destination de la communauté internationale avant le sommet de l’OTAN et une tentative d’échapper à d’inévitables décisions de l’Union européenne en vue de nouvelles sanctions contre la Russie », a déclaré M. Iatseniouk dans un communiqué.

 

Kiev avait d’ailleurs annoncé, un peu plus tôt, que le président ukrainien, et M. Poutine s’étaient entretenus au téléphone et qu’ils avaient trouvé un accord sur un cessez-le-feu dans le bassin du Donbass. Or, le Kremlin a démenti la conclusion de cette entente en arguant que la Russie « n’est pas partie prenante au conflit ».

 

Chose certaine, une rencontre entre le président ukrainien, Petro Porochenko, et les dirigeants américain, britannique, allemand, français et italien doit avoir lieu jeudi avant l’ouverture du sommet de l’OTAN. « La réunion donnera aux dirigeants la possibilité d’entendre l’évaluation par le président Porochenko de la situation sur le terrain et de ses discussions avec le président Poutine », a indiqué une source du gouvernement britannique. « Cela enverra également un message clair de soutien à la souveraineté de l’Ukraine et rappellera qu’il appartient à la Russie de trouver le moyen d’une désescalade », a-t-elle ajouté.

 

De passage mercredi à Tallin, en Estonie, le président américain, Barack Obama, a été très prudent dans ses commentaires avant la tenue du sommet de l’OTAN. Il a seulement commenté l’annonce du cessez-le-feu faite par Kiev. « Il est trop tôt pour savoir ce que représente réellement le cessez-le-feu », a affirmé M. Obama. « Si la Russie est effectivement prête à trouver un accord politique, c’est quelque chose que nous souhaitons tous. Mais cela implique de respecter les normes internationales. Et ce n’est pas ce que nous avons vu en Ukraine », a-t-il ajouté.

 

La prudence de l’UE

 

L’Union européenne a aussi manifesté la même prudence alors que de nouvelles sanctions pourraient être adoptées vendredi. Il a aussi été évoqué que les pays européens puissent boycotter la Coupe du monde en Russie en 2018. « Si ces nouvelles de cessez-le-feu se confirment, ce sera une évolution positive, mais nous avons besoin de plus d’informations », a dit la porte-parole de la diplomatie de l’UE, Maja Kocijancic.

 

Lors du sommet de l’OTAN qui se tient jusqu’à vendredi, l’Alliance atlantique envisage déjà d’adopter un « plan de réactivité » pour assurer la sécurité de ses membres (Pologne, Roumanie, Bulgarie et les pays baltes) face à la menace russe. L’OTAN discutera des mesures à prendre pour déployer des milliers de soldats appuyés par des forces spéciales advenant que la crise avec la Russie prenne de l’ampleur. Selon le New York Times, elle veut mettre sur pied une force de 4000 hommes capable de répondre en 48 heures. À la mi-septembre, un exercice militaire est du moins prévu dans la région.

 

Depuis le début du conflit il y a cinq mois, les affrontements entre l’armée ukrainienne et les rebelles prorusses ont fait 2600 morts et contraint plus d’un demi-million d’Ukrainiens à fuir leurs domiciles. Mercredi, un responsable militaire a aussi confirmé qu’au moins 87 soldats ukrainiens avaient été tués dans la bataille d’Ilovaïsk, à 20 km de Donetsk, où ils sont restés encerclés pendant plus de huit jours à la fin août.