Une éruption volcanique en Islande met l’aviation en alerte

Reyjavik — Une éruption sous-glaciaire survenue samedi au volcan Bardarbunga a forcé le Bureau météorologique islandais à relever à «rouge» le niveau d’alerte pour l’aviation.

Des milliers de petits tremblements de terre ont secoué le volcan au cours des dernières semaines. Mais après une courte période d’accalmie, l’activité sismique a repris de plus belle.

Les données sismologiques montrent que le magma du volcan fait fondre la couche de glace sous le glacier Vatnajökull, dont l’épaisseur est estimée entre 100 et 400 mètres, a indiqué la volcanologue Melissa Pfeffer, du Bureau météorologique islandais.

Elle a dit toujours ignorer si cela pourrait provoquer un dégagement de vapeur et de cendre dans l’atmosphère. La glace pourrait mettre une journée à fondre, mais il est aussi possible que l’éruption demeure souterraine, donc contenue.

Le volcan Bardarbunga est situé dans une zone isolée et inhabitée de l’île, à environ 320 kilomètres à l’est de la capitale islandaise, Reykjavik.

S’il y a effectivement dégagement de cendre, son intensité dépendra de l’épaisseur de la couche de glace: «Plus la glace est épaisse, plus il y aura de l’eau, plus l’éruption sera puissante — et plus l’éruption sera riche en cendres», a résumé Mme Pfeffer.

Quelques minutes avant le début de l’éruption sous-glaciaire, l’Islande élevait d’orange à rouge son niveau d’alerte aérien.

Les autorités islandaises ont décrété une zone d’interdiction de survol aérien de 100 par 140 milles marins autour de l’île, mais n’ont pas ordonné la fermeture de l’espace aérien du pays.

«Tous les aéroports sont ouverts et tous les vols sont à l’heure», a soutenu Olof Baldursdottir, de l’Office islandais de la Protection civile.

Les scientifiques ont survolé samedi le glacier pour tenter de détecter les changements à la surface.

En 2010, l’éruption d’un autre volcan islandais, l’Eyjafjallajökull, avait causé un véritable chaos dans le transport aérien international, forçant l’annulation de plus de 100 000 vols.

Depuis ce temps, les autorités en matière de réglementation aérienne ont revu les politiques entourant les déplacements aériens dans de telles conditions.

Il serait ainsi improbable qu’une nouvelle éruption volcanique entraîne autant de problèmes.