Boko Haram en voie de créer un État islamique

Le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, mi-juillet
Photo: Agence France-Presse Le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, mi-juillet

Le groupe armé Boko Haram s’est emparé jeudi d’une nouvelle ville dans le nord-est du Nigeria, Buni Yadi, et l’insurrection islamiste semble gagner du terrain semaine après semaine.

Alors qu’ils privilégiaient la tactique de guérilla, avec des raids contre l’armée et les bâtiments publics, les insurgés changent apparemment de stratégie depuis quelques mois et cherchent à s’emparer de territoires entiers pour établir un État islamique, selon des analystes.
 
D’après des habitants qui ont fui la ville ces derniers jours, les combats autour de Buni Yadi, située dans l’État de Yobe, se déroulaient depuis fin juillet, et les assaillants islamistes ont finalement pris le bâtiment de la municipalité sur lequel flotte maintenant leur drapeau.
 
Le porte-parole du gouverneur de l’État de Yobe, l’un des trois États du nord-est du pays placés sous état d’urgence, a confirmé la chute de la ville.
 
« Il n’y a pas de soldats à Buni Yadi et selon des habitants, les militants de Boko Haram vont et viennent à leur guise, a déclaré à l’AFP Abdullahi Bego, porte-parole du gouverneur, Ibrahim Geidam. Beaucoup d’habitants ont fui de Buni Yadi vers la capitale de l’État, Damaturu », 60 kilomètres plus au nord.
  
Élèves massacrés
 
Les rebelles avaient déjà attaqué plusieurs fois la ville cette année, massacrant une quarantaine d’élèves dans le dortoir d’un lycée en pleine nuit en février. En avril, l’enlèvement de plus de 200 lycéennes à Chibok (État de Borno, nord-est) a choqué le monde entier.
 
Selon des habitants de Buni Yadi, les militants de Boko Haram ont installé des barrages routiers et perpétré des exécutions sommaires.
 
Selon l’ONU, Boko Haram a pris ces dernières semaines le contrôle des villes de Damboa et de Gwoza, dans l’État voisin de Borno. L’armée nigériane dit avoir repris Damboa mais l’information n’a pas été confirmée de source indépendante.
  
École de police attaquée
 
Une école de police près de Gwoza a été attaquée jeudi par Boko Haram, a indiqué à l’AFP le porte-parole national de la police, Emmanuel Ojukwu, sans pouvoir préciser l’issue des combats ni donner de bilan. « Nous ne savons toujours pas s’ils ont pris le contrôle de l’école », a-t-il déclaré.

3 commentaires
  • Nicole Bernier - Inscrite 22 août 2014 08 h 48

    Encore un autre territoire où la confrontation dans le pays entre les chrétiens au sud et les musulmans au Nord a été construit durant la colonisation et qui a été consolidé par les derniers accords de la Deuxième guerre mondiale

    Il y a 100 ans de violence coloniale et impériale encore derrière cette situation d'extrême violence... Depuis 2003, j'ai cherché à comprendre ce pays et les pays avoisinants, nous savions depuis longtemps que le Nigéria était une des régions qui résistaient le plus contre la destruction de leurs systèmes sociaux et politiques...

    Si au départ, nos recherches nous ont fait comprendre davantage la période coloniale, la découverte de ce que les compagnies de pétrole ont provoqué comme désastres dans ces régions et les souffrances et maladies provoquées, ce qui a fini par détruire peu à peu des familles et des communautés trop malades pour survivre. Qu'aujourd'hui, le système imposé par les Occidentaux, après la deuxième guerre mondial, système qui a refusé de prendre en compte les besoins des peuples de ces régions, est à la source de cette violence.

    Je vous encourage fortement à aller voir les images de ces régions
    https://www.google.ca/search?q=D%C3%A9sastre+p%C3%A9trolier+Nig%C3%A9ria&client=safari&rls=en&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=Ijj3U4SUPJK0yAT564KYAw&ved=0CAgQ_AUoAQ&biw=1435&bih=874

    Les désastres provoqués par la boue pétrolière comme les maladies provoquées par les mines d'uranium françaises contre les peuples Touaregs du Nord du Mali et du Niger sont à la source de ces violences...

    Les gens du désert affirment que la situation d'aujourd'hui est beaucoup plus difficile que durant la période coloniale, car les gens pouvaient aller se cacher dans le désert et laisser les soldats occidentaux tournés en rond, mais avec les satellites et les dromes et les maladies provoquées, ces peuples nomades ne parviennent plus à échapper aux conséquences de la colonisation.

    Par exemples, quand on voit comment les médecins au Niger sont contrôlés par les directeurs de mines nient les maladies de ces industries avec affront; quand on voit comment les territoires nigériens sont contaminés par les déchets pétroliers, c'est à mourir de peine.

  • André Michaud - Inscrit 22 août 2014 09 h 22

    Le fléau islamiste

    Le fléau islamiste de fanatiques religieux sanguinaires est la plus grande menace humaine pour la paix et les droits individuels...depuis le nazime et le communisme.

    • Jean-Pierre Audet - Abonné 22 août 2014 10 h 32

      En effet, M. Michaud, quelles qu'aient pu être les erreurs occidentales là comme au Moyen-Orient, un fait demeure : le fanatisme islamiste actuel «est la plus grande menace pour la paix et les droits individuels.» J'ajouterais simplement ceci : et pour les droits collectifs qu'une saine laïcité mondiale pourrait assurer.