Un convoi humanitaire russe suscite l’inquiétude

Un obus est tombé lundi sur une prison de l’ouest de Donetsk, tuant un détenu et permettant à plus de 100 autres de s’échapper.
Photo: Dimitar Dilkoff Agence France-Presse Un obus est tombé lundi sur une prison de l’ouest de Donetsk, tuant un détenu et permettant à plus de 100 autres de s’échapper.

La Russie a annoncé lundi l’envoi imminent d’un convoi exclusivement humanitaire dans l’est de l’Ukraine ravagé par les combats, mais Kiev a prévenu n’accepter de Moscou qu’une participation à une initiative internationale sous strict contrôle ukrainien.

 

L’initiative russe intervient alors que l’armée ukrainienne resserre chaque jour son étau autour des deux derniers bastions séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine, Donetsk et Lougansk, au prix de nombreuses victimes, y compris civiles.

 

L’Occident accuse la Russie d’alimenter en armes les rebelles, ce que Moscou dément.

 

Le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé dans un entretien téléphonique avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, que «la partie russe s’apprêtait à envoyer en Ukraine un convoi humanitaire en coopération avec la Croix-Rouge», selon un communiqué du Kremlin.

 

L’Occident, les États-Unis en tête, ont mis sévèrement en garde depuis plusieurs jours la Russie sur «l’illégalité» de toute intervention russe unilatérale sur le sol ukrainien sous couvert d’opération humanitaire.

 

Le porte-parole du Kremlin a assuré à l’AFP que le convoi russe, dont il n’a pu donner la date de départ, serait «sans escorte militaire», et que son principe en avait été convenu avec l’Ukraine.

 

Mais le gouvernement ukrainien a prévenu que la Russie pouvait tout au plus participer à une opération humanitaire internationale, destinée a priori à la seule ville de Lougansk, initiée et menée sous le contrôle étroit de Kiev.

 

Le président américain, Barack Obama, a «soutenu» cette initiative humanitaire du président ukrainien Petro Porochenko, et «a confirmé l’intention des États-Unis d’y prendre une part active», s’est félicité la présidence ukrainienne dans un communiqué.

 

José Manuel Barroso a pour sa part promis un soutien européen de 2,5 millions d’euros à l’aide humanitaire pour l’Ukraine, toujours selon Kiev.

 

Deuxième capitale régionale de l’est de l’Ukraine qui comptait 500 000 habitants avant les combats, Lougansk est, selon les autorités locales, confronté à un «blocus» et à une situation «critique» depuis neuf jours, alors que la ville n’a plus d’électricité, d’eau courante ou de réseau téléphonique, et que l’essence et les réserves de nourriture s’épuisent rapidement.

 

«Nous n’attendons aucun convoi humanitaire d’aucune sorte, a prévenu le chef-adjoint de l’administration présidentielle ukrainienne, Valeriy Chaly, sur sa page Facebook. Il est question ici d’une initiative du président ukrainien en faveur d’une aide humanitaire internationale pour la population de Lougansk avec la participation de l’Union européenne, des Etats-Unis, de l’Allemagne, et d’autres partenaires [...] La Russie peut y prendre part. Mais tout se fera dans le respect des règles internationales, des lois ukrainiennes, par les postes frontières que nous contrôlons, sous l’égide du Comité international de la Croix Rouge», a souligné le responsable ukrainien.

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