Élections européennes: les conservateurs de Merkel l'emportent en Allemagne

Berlin — Les conservateurs (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel sont arrivés en tête des élections européennes en Allemagne dimanche, malgré une percée du parti anti-euro AFD et des sociaux-démocrates du SPD, d’après de premiers sondages sortis des bureaux de vote.

En dépit d’un effritement inéluctable après plus de huit ans au pouvoir, les conservateurs allemands, crédités de 36 % des voix, enregistraient près de 10 points d’avance sur leurs alliés et concurrents au sein du gouvernement de grandes coalitions, les sociaux-démocrates qui enregistrent une progression historique à 27,5 %, selon de premiers chiffres diffusés par les chaînes de télévision publique.

Le nouveau parti anti-euro AFD, créé au printemps 2013, qui plaide pour une dissolution de la monnaie unique européenne, réalise un score de 6,5 % — conforme aux derniers sondages avant l’élection — qui lui permet de faire son entrée au Parlement européen.

«Nous avions un objectif et nous l’avons atteint : nous sommes la première force politique dans cette élection, nous avons clairement gagné. L’Allemagne a clairement voté pour l’Europe, cela confirme notre bonne politique pour l’Europe», s’est exclamé David Mac Allister, tête de liste des conservateurs pour l’Allemagne.

Malgré son effritement et les fortes progressions du SPD et de l’AFD, «Merkel a gagné», estimait aussi Jens Walther, politologue à l’université de Düsseldorf.

La seule dirigeante d’un grand pays européen à avoir survécu à la crise financière a encore «obtenu un très bon résultat si on le compare aux autres pays européens», a-t-il ajouté, estimant qu’elle bénéficiait de la grande popularité de son gouvernement, qui a voté depuis le début de l’année des réformes sociales comme l’introduction d’un salaire minimum à 8,50 euros de l’heure et une amélioration des retraites.

Ces réformes, et la bonne santé persistante de l’économie allemande, ont cependant encore plus profité aux sociaux-démocrates, qui enregistrent «leur plus forte hausse de l’après-guerre dans des élections nationales» en progressant de près de 7 points par rapport à 2009, a souligné M. Walther. Le score du SPD aux dernières élections européennes marquait cependant un point bas historique.

Selon le politologue, ce «résultat fantastique pour le SPD» pourrait aussi s’expliquer par un réflexe de préférence nationale, le candidat des sociaux-démocrates pour la présidence de la Commission européenne Martin Schulz étant un Allemand. Ce dernier a d’ailleurs fait valoir cet argument en fin de campagne.

Six mois après les législatives allemandes de septembre, le SPD «est sur la voie de succès et c’est un bon signal pour l’avenir de l’Allemagne», a déclaré M. Schulz dimanche soir au siège de son parti à Berlin.

L’Allemagne, pays le plus peuplé de l’UE, envoie 96 députés au parlement européen sur 751.


Par Daniel Aronssohn