Rapport de l'ONU - Des Palestiniens pâtiront du mur israélien

Jérusalem — Quelque 680 000 Palestiniens de Cisjordanie vont pâtir de la ligne de sécurité construite par Israël dans ce territoire et dont 11 % du tracé seulement colle à la «ligne verte», selon un rapport de l'ONU obtenu hier par l'AFP.

Environ 850 km2 du territoire de la Cisjordanie — à l'exception de Jérusalem-Est — , soit 14,5 %, se retrouveront entre cette barrière et la ligne de l'armistice de 1949, appelée «ligne verte», selon le rapport élaboré par le bureau de l'ONU pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA).

Plus de 274 000 Palestiniens qui vivent dans 122 villages et villes vont «vivre dans des zones fermées — entre le mur et la ligne verte — ou dans des enclaves totalement entourées par le mur», selon le document.

Plus longue que la ligne verte

Plus de 400 000 autres Palestiniens vivant à l'est de la ligne de sécurité seront obligés de la traverser à certains points pour atteindre leurs fermes ou leur lieu de travail, selon la même source. «Cela signifie que le mur portera directement atteinte à plus de 680 000 Palestiniens, soit 30 % de la population de Cisjordanie», affirme le rapport de l'OCHA.

Seulement 11 % du tracé du mur, d'une longueur totale de 680 kilomètres — sans compter la partie autour de Jérusalem —, colle à la «ligne verte», séparant la Cisjordanie d'Israël, selon le rapport.

En raison de son tracé sinueux, s'enfonçant profondément en Cisjordanie par endroits, la ligne de sécurité, une fois achevée, sera quatre fois plus longue que la ligne verte, selon la même source.

«Les dégâts causés par les destructions de terres et de biens pour la construction du mur sont irréversibles et les Palestiniens risquent de ne pas s'en remettre même si la situation politique s'améliore», affirme le rapport.

Les Palestiniens estiment que la ligne de sécurité, qu'ils appellent «mur de l'apartheid», est un moyen pour Israël de rogner sur le territoire de l'État qu'ils ambitionnent d'édifier.

Les États-Unis estiment que cette ligne constitue «un problème» et l'Assemblée générale de l'ONU a adopté le 21 octobre une résolution demandant à Israël de réévaluer sa décision et de démanteler la partie de l'ouvrage déjà construite, mais l'État hébreu n'en a pas tenu compte.