Des manifestants anti-avortement marchent à Paris

« Faudra-t-il aller en Espagne pour le garder ? », interrogeaient des pancartes aux couleurs espagnoles.
Photo: Agence France-Presse (photo) Pierre Andrieu « Faudra-t-il aller en Espagne pour le garder ? », interrogeaient des pancartes aux couleurs espagnoles.

Des milliers d’opposants à l’avortement, galvanisés par l’« exemple » espagnol, ont manifesté dimanche à Paris à la veille de l’examen par les députés français d’un projet de loi sur l’égalité hommes-femmes, qui « banalise », selon ses détracteurs, l’interruption volontaire de grossesse (IVG), légale en France depuis 1975.

 

Selon ses organisateurs, la « Marche de la vie » a battu cette année un « record » avec « près de 40 000 personnes ». D’après la police, ils étaient 16 000.

 

Défilant aux cris de « Oui à la vie » ou encore « Viva España », de nombreux manifestants arboraient les couleurs rouge et or de l’Espagne, où le gouvernement de droite prévoit la quasi-suppression du droit à l’avortement, voté en 2010.

 

Accès limité en Espagne

 

Adopté fin décembre en Conseil des ministres, le texte espagnol vise à limiter le droit à l’avortement à quelques cas très précis : danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, viol ayant fait l’objet d’une plainte. Il devrait arriver au Parlement dans environ deux mois.

 

L’Espagne « est aujourd’hui un exemple », selon les organisateurs de la marche, vent debout contre certaines dispositions relatives à l’IVG contenues dans un projet de loi sur l’égalité hommes-femmes qui doit être débattu à partir de lundi à l’Assemblée nationale.

 

Le texte prévoit de nouvelles obligations en matière d’information sur l’avortement et supprime toute référence à une « situation de détresse » de la femme pour pouvoir recourir à l’IVG.

 

Pour Cécile Edel, porte-parole du collectif d’associations, c’est « une banalisation totale de l’avortement et une dénégation du droit à la vie inscrit dans le Code civil ».

 

À l’exception de 2013, où elle avait rejoint une grande manifestation contre le mariage homosexuel, la « Marche pour la vie » est organisée à Paris chaque année depuis 2005 par une quinzaine d’associations autour de la date anniversaire de la loi de 1975, qui a légalisé l’avortement en France.

 

En 2012, la manifestation avait réuni près de 7000 personnes selon la police, 30 000 selon les organisateurs.

 

Venus pour beaucoup de province, les manifestants, dont de nombreuses familles et quelques prêtres en soutane, avaient reçu samedi le soutien du pape François, qui rencontrera vendredi le président français François Hollande : il les a invités à « maintenir vive leur attention pour ce sujet si important ».

 

Plusieurs parlementaires de la droite espagnole avaient fait le déplacement. « Faudra-t-il aller en Espagne pour le garder ? », interrogeaient des pancartes.

 

Une contre-manifestation a rassemblé à quelques kilomètres de la « Marche pour la vie » entre 200 et 300 personnes refusant « que la France devienne comme l’Espagne ». « Avorter, c’est mon droit, intégristes hors la loi », criaient les manifestants, en majorité des femmes, venues à l’invitation du Syndicat du travail sexuel et de féministes.

 

Plus de 220 000 avortements sont pratiqués chaque année en France, où l’IVG est légalisée depuis 1975 et intégralement remboursée depuis janvier 2013.

9 commentaires
  • Jean Boucher - Inscrit 20 janvier 2014 10 h 10

    Honte aux cathos intégristes

    Ces gens là, surtout des cathos, ils ne s'en rendent peut-être pas compte, sont des alliés des intégristes religieux antifemmes de toute la planète. Le bon pape François est-il d'accord avec cette dérive ?

    • Pierre Rouve - Inscrit 20 janvier 2014 17 h 42

      oui, sinon il ne serait pas pape ...

  • Normand Babin - Abonné 20 janvier 2014 11 h 02

    le monde à l'envers

    Visiblement certains manifestants ne se relisent pas avant de porter la pancarte! "Faudra-t-il aller en Espagne pour le garder?" Non, mais il y a quelqu'un que la france a obligé à avorter? Comme si la loi légalisant l'avortement en était une d'obligation à l'avortement. Vraiment, leur seule bêtise les perdra, pauvres cathos extrêmes.

  • Roxane Bertrand - Abonnée 20 janvier 2014 14 h 06

    Solutions

    Les anti-avortements sont-ils pro-contraception?

    S'ils voulaient vraiment prévenir l'avortement, que les pro-vies mettent leur énergie sur la prévention des grossesses non-désirées. Ces marches ne sont que de la persécution sur des femmes déjà en difficulté.

    L'avortement est une réponse. Elle est la réponse à un manquement sociétaire d'éducation, de sécurité et de protection.

    • Pierre Rouve - Inscrit 20 janvier 2014 17 h 47

      Très probable qu'en effet ils sont aussi contre la contraception (même s'ils la pratiquent pour eux-mêmes) .... ceux qui manifestent manifestaient déjà (ou bien ce sont leurs héritiers), dans les années 1970 contre les femmes et pour l'union du sabre et du goupillon.

      Un grand merci chaleureux à toutes celles et tous ceux qui, à l'époque, se sont battus corps et âmes pour sortir de cet étouffoir moyennageux où "on" voudrait replonger la jeunesse d'aujourd'hui

  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit 20 janvier 2014 16 h 32

    Les droits de l'enfant à naître seront un jour reconnus...

    Avant qu'une partie de la population prennent pleinement conscience de l'humanité de l'enfant à naître, il faudra attendre encore une décennie. Mais ils ne pourront toujours nier les évidences scientifiques de plus en plus criantes. Les droits de l'enfant à naître inclus dans les chartes et constitutions, c'est pour bientôt...

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 janvier 2014 18 h 25

      Ça a déjà été le cas, et combien de femmes (et d'hommes aussi) ont vu leur vie brisée à cause de cela!

  • Sylvain Auclair - Abonné 20 janvier 2014 20 h 21

    Drapeau basque?

    Que fait un drapeau basque dans la manif?

    • Michel Vallée - Inscrit 21 janvier 2014 14 h 03

      Basque ou Castillan, qu'importe pourvu que l'on ait l'ivresse... que communique la foule