2013 en 13 photos - Richesse

Photo: Agence France-Presse (photo) Mikhaïl Klimentyev
Le 5 janvier 2013, le président russe, Vladimir Poutine, fait l’accolade à un nouveau citoyen russe, l’acteur Gérard Depardieu, dans sa résidence de Sotchi.

L’acteur d’origine française ne joue aucun rôle, sinon le sien propre, lorsqu’il écrit une lettre enflammée pour louanger la Russie, sa culture, son système politique, son histoire et son président. « J’en ai même parlé à mon président, François Hollande. Il sait que j’aime beaucoup votre président Vladimir Poutine et que c’est réciproque. Et je lui ai dit que la Russie était une grande démocratie et que ce n’était pas un pays où un premier ministre traitait un citoyen de minable » (Depardieu faisait alors référence à la réaction du premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, à l’annonce de son exil fiscal en Belgique).

La Russie, une « grande démocratie » ? Ces propos ont l’effet d’une bombe, en France surtout, où l’on observe avec émotion et fracas l’acteur s’amouracher ainsi de la Russie. Avec son passeport, Obélix s’est vu offrir une maison en Mordovie et un poste de ministre de la Culture dans la région. Ironie du sort, c’est dans cette région, connue surtout pour la vingtaine de camps de prisonniers qu’elle abrite encore (héritage de l’époque stalinienne), que l’une des Pussy Riot, graciée récemment par le président russe, purgeait sa peine.

Poutine et Depardieu, main dans la main ? C’est le pied de nez des riches et des tout-puissants à tous ces empêcheurs de tourner en rond qui les rappellent aux contours de la démocratie. En espérant savourer sous peu son triomphe avec les Jeux de Sotchi, Vladimir Poutine bombe le torse comme un tsar, joue le sûr de lui en graciant ceux qui l’ont contesté et choisit les dossiers où il trempera avec soin. Syrie ? Oui. Ukraine ? Oui. Snowden et le scandale de la NSA ? Non. « C’est comme tondre un cochon : trop de cris pour trop peu de laine », avait-il laissé entendre cette année, refusant de s’engager dans la recherche de cet Américain.


Voyez le photojournaliste du Devoir Jacques Nadeau expliquer la présence nécessaire des photographes sur le terrain.

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