Le pape François déclare ne pas être marxiste

Le pape François
Photo: Alessandra Tarantino AP Le pape François
Cité du Vatican — Le pape François a déclaré qu’il connaissait de nombreux marxistes qui étaient des gens très bien, mais que lui-même n’était pas communiste, en réponse aux critiques des ultra-conservateurs américains après sa diatribe contre le libéralisme sauvage.

« L’idéologie marxiste est erronée. Mais dans ma vie, j’ai rencontré de nombreux marxistes qui sont des gens très bien, donc je ne m’en offusque pas », a expliqué le souverain pontife dans une interview au quotidien italien La Stampa publié dimanche.

Inégalités

Il a indiqué que sa condamnation des inégalités engendrées par le système économique global actuel ne prétendait pas être une analyse d’expert, mais qu’elle s’inscrivait dans la doctrine sociale de l’Église catholique. « Cette condamnation ne fait pas de moi un marxiste », a-t-il déclaré.

Fidèle à son image de défenseur des pauvres, François, dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium, publiée fin novembre, a dénoncé de manière très appuyée la dictature d’un marché « implacable » qui crée une « culture du déchet », rejetant des populations entières à la marge.

Rush Limbaugh, un animateur radio américain conservateur (méthodiste) très écouté, a qualifié ce texte de « marxisme pur ».

Un membre du Tea Party, Jonathon Moseley, a jugé utile de préciser que, selon lui, « Jésus était un capitaliste prêchant la responsabilité personnelle, pas un socialiste ». Et un autre commentateur de la chaîne conservatrice Fox, Stuart Varney, de religion anglicane, a accusé le pape d’être un tenant du « néo-socialisme ».

Hyper-conservateur

Selon ses biographes, Bergoglio n’a rien d’un marxiste, bien au contraire : sans être jamais un hyper-conservateur, il s’est heurté frontalement aux prêtres jésuites d’extrême gauche tentés par le marxisme.

Face à la théologie de la libération, très en pointe en Amérique latine dans les années 1970, il propose une « théologie du peuple » non marxiste. Sa famille italienne avait été ruinée par la crise de 1929 et il a vu aussi dans les rues de Buenos Aires les ravages du libéralisme dans l’Argentine des dernières décennies.

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