Plusieurs militants de Greenpeace seront libérés sous caution, dont un Canadien

Un tribunal de Saint-Pétersbourg, en Russie, a accordé une libération sous caution à un militant ontarien de Greenpeace, l'une des 30 personnes emprisonnées après une manifestation contre les forages pétroliers dans l'Arctique russe.

Paul Ruzycki devrait pouvoir être libéré «dans les prochains jours», a indiqué Greenpeace. Depuis lundi, le tribunal russe a accordé la libération sous caution à 12 autres militants, a-t-on précisé.

Le Montréalais Alexandre Paul demeure toujours détenu jusqu'à son audience de libération sous caution jeudi.

Le tribunal a établi à deux millions de roubles, soit 64 000 $, le montant de la caution de chacun des militants remis en liberté. Le tribunal a indiqué que les accusés seront libérés si la caution est payée d'ici quatre jours. Greenpeace a promis que cela sera fait dans les meilleurs délais.

Toutefois, l'organisation ignore quelles seront les conditions de libération, notamment s'ils seront amenés dans des maisons de transition ou en mesure de parler à des médias.

Et surtout, Patrick Bonin, responsable de la campagne Énergie et climat de Greenpeace, note que de graves accusations pèsent toujours contre ces militants.

Les détenus sont maintenant accusés de «hooliganisme», un délit passible d'une peine maximale de sept ans de prison. À l'origine, ils avaient été accusés de piraterie, un crime passible d'une peine maximale de 15 ans de prison.

M. Bonin souligne que les accusations de piraterie n'ont pas été «formellement retirées».

«Ce qu'il faut garder en tête, ce qui est inquiétant, c'est qu'ils sont encore accusés pour un crime qu'ils n'ont pas commis. Ils font encore face à des accusations complètement disproportionnées. On veut absolument que ces accusations soient retirées. Le comité d'enquête a cette possibilité. (Les libérations sous caution) sont une première étape importante, mais loin d'être une victoire, loin d'être une finalité», a-t-il estimé en entrevue.

MM. Ruzycki et Paul étaient au nombre des 30 personnes à bord du navire Arctic Sunrise saisi par les garde-côtes de la Russie le 18 septembre au pôle nord.

Toutes les personnes à bord avaient été arrêtées après que quelques écologistes eurent tenté d'escalader une plateforme pétrolière appartenant au géant énergétique russe Gazprom.

«Paul Ruzycki n'aurait jamais dû se retrouver en prison, et il en est de même pour notre ami et collègue Alexandre Paul, a déclaré par communiqué Joanna Kerr, directrice générale de Greenpeace Canada. Nous renouvelons notre appel au ministre (canadien) des Affaires étrangères, John Baird, afin qu'il défende les 30 militants et membres de l'Arctic Sunrise, et agisse au nom de Paul et Alexandre.»

Greenpeace a aussi déploré que l'Australien Colin Russell ait vu sa détention avant procès prolongée de trois mois, soit jusqu'au 24 février.

Lundi, le juge a ordonné la libération sous caution du photographe pigiste Denis Sinyakov et de la médecin de bord Yekaterina Zaspa. Il avait cependant refusé de libérer le militant australien Colin Russell.


 
3 commentaires
  • Gilbert Talbot - Abonné 19 novembre 2013 11 h 00

    Quelle triste farce !

    À ma connaissance, les «houligans» étaient des fauteurs de troubles dans les stades de football européens. Donc des p'tits bums» comme on dit ici. Ça n'a rien, mais absolument rien, à voir avec une action politique écologiste, comme celle qu'a mené Greenpeace. À la limite on pourrait parler de «prisoniers» politiques, mais même là Greenpeace n'est pas un parti politique, tout juste une secte écologiste.

  • Josette Allard - Inscrite 19 novembre 2013 12 h 42

    Et le fédéral

    Que fait-il pour hâter la libération de tous ses résidents? Si peu, si peur, pour ne pas dire presque rien.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 19 novembre 2013 21 h 17

    Secte écologiste?!!!

    Bien que j'avoue que leurs méthodes puissent paraître extrémistes, j'admire leur détermination et engagement à attirer l'attention du monde vers des crimes environnementaux. Je trouve que qualifier leur organisation de secte est très inapproprié, car ce ne sont pas effectivement des "bums" ou des "drop-out", mais bien, pour la plupart des hommes et femmes de sciences, avec une conscience.