RDC - Les Kivu, au coeur des tensions dans la région des Grands Lacs

Des soldats congolais patrouillaient encore a? Bunagana la semaine dernie?re.
Photo: Agence France-Presse (photo) Haribou Kouyate Des soldats congolais patrouillaient encore a? Bunagana la semaine dernie?re.
La région des Nord et Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), territoire convoité pour ses énormes ressources minières, constitue le principal foyer de conflits et de tensions dans la région des Grands Lacs africains.

Frontalier du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda et de la Tanzanie, le Kivu s’est trouvé au cœur des tragédies de la région : rivalités communautaires et politiques, conflits fonciers meurtriers, exode de réfugiés hutus rwandais en 1994 (près d’un million) après le génocide, présence de miliciens hutus rwandais génocidaires, de rebelles burundais et ougandais, de milices tribales. La région, composée des provinces des Nord et Sud-Kivu, est riche en ressources agricoles et naturelles, principalement minières comme l’or, le coltan ou la cassitérite (minerais d’étain) particulièrement recherchés dans l’industrie des télécommunications.

Les tensions sont très fortes dans le Kivu, où se sont installées progressivement, depuis le XVIIIe siècle, d’importantes communautés issues de vagues successives d’émigration de Tutsis et de Hutus venus du Rwanda. Au début des années 1980, le régime de Mobutu Sese Seko a instrumentalisé la question de la nationalité pour marginaliser ces populations d’origine rwandaise.

Les guerres de 1996-1997 puis de 1998-2003, qui ont impliqué jusqu’à sept pays africains sur le sol congolais, ont commencé dans le Kivu. Au cours de ces deux guerres régionales, puis dans le cadre d’opérations conjointes avec le régime de Kinshasa à la fin des années 2000, le Rwanda a envoyé des troupes dans l’est congolais. En 2007 et 2008, le Nord-Kivu a été le théâtre d’affrontements entre l’armée et des soldats insurgés ralliés à l’ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda qui a pris la tête du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), soutenu par le Rwanda.

Depuis avril-mai 2012, l’armée congolaise affronte dans le Nord-Kivu le Mouvement du 23 mars (M23), formé d’anciens rebelles intégrés dans l’armée de RDC aux termes d’un accord signé en mars 2009 avec les autorités de Kinshasa.

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Un rendez-vous manqué
La République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles congolais du M23 ne sont pas parvenus à signer lundi à Kampala un important accord de paix, a annoncé le gouvernement ougandais.

Aucune nouvelle date n’a été fixée pour d’autres pourparlers entre Kinshasa et les rebelles du M23.

Les pourparlers ont largement achoppés sur une question de sémantique, le gouvernement de Kinshasa ne voulant pas signer un texte dans lequel le mot accord est spécifiquement mentionné.

À Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende a déclaré ne pas étre «étonné» par l’annonce faite à Kampala.

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