La Pussy Riot emprisonnée en Mordovie se dit en danger

Nadejda Tolokonnikova, l’une des deux Pussy Riot toujours emprisonnées, lors d’une comparution en avril dans un tribunal de Mordovie.
Photo: Agence France-Presse (photo) Maksim Blinov Nadejda Tolokonnikova, l’une des deux Pussy Riot toujours emprisonnées, lors d’une comparution en avril dans un tribunal de Mordovie.

Moscou – Nadejda Tolokonnikova, l’une des deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire russe Pussy Riot, dit craindre « pour sa vie » dans une lettre publiée samedi, où elle dénonce les « bourreaux » du système pénitentiaire russe.

 

« Je l’avoue, je crains pour ma vie. Car je ne sais pas ce que […]vont décider de faire de moi les bourreaux des services pénitentiaires de Mordovie », la région russe où elle est incarcérée à 600 km à l’est de Moscou, écrit Nadejda Tolokonnikova dans cette lettre transmise par une avocate et publiée par plusieurs sites d’opposition.

 

Nadejda Tolokonnikova a écrit cette lettre vendredi au camp de travail n° 14 de Mordovie, où elle a repris une grève de la faim après y avoir été ramenée à l’issue de près de trois semaines d’hospitalisation.

 

« Si vous rencontriez Nadia [Nadejda] aujourd’hui dans la rue, vous ne la reconnaîtriez pas », a écrit sur son blog Violetta Volkova, l’ancienne avocate de la jeune femme, qui lui a rendu visite en prison et a transmis la lettre. « Elle ne tiendra pas longtemps physiquement une grève de la faim, chaque jour la tue. »

 

Dans sa lettre, Tolokonnikova se plaint notamment d’« accès de maux de tête que n’atténue aucun antalgique ».

 

La jeune femme avait observé une grève de la faim de huit jours en septembre et dénoncé des menaces de mort à son encontre ainsi que des conditions de détention proches de « l’esclavage », avant d’être hospitalisée le 29 septembre en raison de son état de santé. Elle avait porté plainte, et réclamait d’être transférée dans un autre camp.

 

L’administration pénitentiaire russe a indiqué vendredi en fin de journée qu’elle serait transférée dans un autre camp et que ses proches en seraient informés conformément à la loi dans les dix jours. Nadejda Tolokonnikova ne fait pas référence, dans sa lettre manuscrite de cinq pages, à ce nouvel élément dont elle n’était donc apparemment pas informée.

 

Conditions de détention

 

Le récit détaillé qu’elle avait fait, dans une précédente lettre en septembre, des conditions de détention dans le camp n° 14 et des menaces qui avaient été proférées à son encontre, avait suscité une polémique en Russie et une visite au camp de délégués aux droits de l’Homme.

 

De son côté, le Service russe d’application des peines avait rejeté toutes les accusations faites par la jeune femme. Elle a écrit vendredi avoir été ramenée dans le même camp « par tromperie et de manière illégale, avec recours à la force physique ».

1 commentaire
  • Josette Allard - Inscrite 21 octobre 2013 07 h 48

    État stalinien

    Et oui. Ceux qui ont vu la perestroïka s'installée ont cru dans un renouveau démocratique en Russie. Malheureusement le régime poutinien n'est pas très différent du régime de Joseph. Seules les méthodes ont changé, mais le résultat recherché est le même. Imposer le silence aux opposants de ce régime totalitaire.