Impasse budgétaire - Un vent d’optimisme souffle à Washington

La menace qui pèse sur l’économie américaine et mondiale n’a pas empêché le président Barack Obama de cuisiner pour les démunis, lundi à Washington.
Photo: Agence France-Presse (photo) ?Saul Loeb La menace qui pèse sur l’économie américaine et mondiale n’a pas empêché le président Barack Obama de cuisiner pour les démunis, lundi à Washington.

Le Sénat américain a bon espoir de régler la crise budgétaire qui paralyse depuis deux semaines les agences fédérales et les services publics aux États-Unis. Les élus américains ont affirmé qu’un compromis sur le budget et le relèvement du plafond de la dette était à portée de main. Il pourrait être dévoilé dans la journée de mardi.

 

Un peu partout dans le monde, les détails de ce compromis budgétaire sont attendus avec impatience alors que les Américains risquent de se retrouver en défaut de paiement de leur dette dès jeudi. Si c’était le cas, l’économie mondiale pourrait être durement bouleversée et les pays occidentaux risqueraient de sombrer dans une autre récession.

 

Pour éviter d’en arriver là, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, et le dirigeant de la minorité républicaine, Mitch McConnell, ont repris les discussions pour tenter d’arriver à une entente d’ici trois jours. Les pourparlers n’ont toujours pas abouti, mais les deux sénateurs ont parlé de « progrès phénoménaux ». Ils se disent « optimistes » quant à la possibilité d’en arriver à une solution rapide et acceptable pour les deux parties afin de sortir de la double impasse budgétaire. « Je suis très optimiste de parvenir à un accord raisonnable cette semaine pour mettre fin à la paralysie de l’État, payer les factures du pays et entamer des négociations à long terme pour placer notre pays sur un socle budgétaire solide », a dit M. Reid. « Nous avons eu des échanges de points de vue très constructifs sur la façon de progresser », a pour sa part mentionné M. McConnell à la suite de leurs discussions.

 

Les deux sénateurs devraient d’ailleurs présenter un plan élaboré à un groupe des sénateurs républicains, ce mardi matin, à huis clos. « Le cadre d’un accord est fixé, mais il y a encore des détails qui doivent être précisés », a indiqué Bob Corker, l’un des sénateurs républicains invités.

 

Selon plusieurs médias américains, les deux parties semblent maintenant plus disposées à faire des compromis et à mettre de côté certaines de leurs demandes jugées irréalistes. Elles auraient discuté des balises d’un accord qui permettrait au Trésor américain de continuer à emprunter jusqu’au 15 février 2014 et de rouvrir immédiatement les agences fédérales jusqu’à la mi-janvier. En échange, les démocrates offriraient des concessions sur certains aspects de la loi de réforme du système de santé. Des négociations budgétaires formelles seraient par la suite menées entre le Sénat et la Chambre des représentants pour le reste de l’année 2014.

 

Pour le moment, les détails de cet éventuel accord sortent au compte-gouttes, mais certains élus ont laissé savoir que le point d’achoppement demeure le montant des dépenses pour l’année 2014. Le montant des républicains serait beaucoup plus bas que celui des démocrates.

 

Depuis le début de cette impasse budgétaire, les républicains militent pour réduire considérablement les dépenses de l’État tandis que les démocrates voudraient augmenter les dépenses publiques en mettant fin au régime de réduction budgétaire automatique.

 

Lundi, le président Barack Obama a indiqué que les républicains étaient en mesure de régler ce problème et a appelé ses adversaires à « laisser de côté leurs préoccupations partisanes », faute de quoi les Américains courraient le risque « de faire défaut ». Lors d’une visite dans les locaux d’une organisation qui vient en aide aux plus démunis à Washington, le président Obama a martelé qu’un tel défaut du paiement de la dette « pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur l’économie ». Malgré tout, il a annulé sa rencontre qui devait avoir lieu avec les membres du Congrès, lundi après-midi, pour essayer de régler cette crise budgétaire. Cette réunion a été reportée sans qu’une nouvelle date soit annoncée. La Maison-Blanche a indiqué que cette décision de reporter la rencontre allait permettre au Sénat de continuer à discuter et qu’il ne fallait pas interpréter ce report comme un signe négatif.

 

Les risques d’un défaut de paiement

 

Ces prochains jours, tous les yeux vont donc être tournés vers Washington dans l’espoir qu’une entente soit signée pour mettre fin à la crise budgétaire. Si c’est le cas, le Sénat et la Chambre des représentants devront par la suite voter avant jeudi soir pour l’entériner.

 

La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, espère que démocrates et républicains réussiront à s’entendre. Elle craint que l’économie mondiale ne subisse des « perturbations massives » si le plafond de la dette américaine n’est pas relevé. « Nous risquerions, une nouvelle fois, de basculer dans la récession », a-t-elle mentionné lors d’une entrevue à la chaîne américaine NBC.

 

Les marchés mondiaux craignent aussi qu’il y ait d’importantes turbulences si les États-Unis ne parviennent plus à payer leur dette. Dans la journée de lundi, les Bourses ont tout de même bien réagi alors qu’un vent d’optimisme soufflait à Washington. À Londres comme à New York, les marchés ont clôturé en hausse et le dollar a résisté face à l’euro. Néanmoins, les républicains et les démocrates conviennent qu’un défaut de paiement serait catastrophique pour les États-Unis. Les observateurs font tout de même remarquer que les républicains tentent quand même de profiter de la situation et de l’échéance pour réclamer des réformes budgétaires ; en particulier du système de retraite et des programmes d’assurance maladie publics pour les plus de 65 ans et les plus démunis. Ces programmes consomment 43 % du budget fédéral des États-Unis.

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