Attentat de la rue Copernic - Les Français attendent l’extradition de Hassan Diab

Victimes et parents des victimes du célèbre attentat de la rue Copernic se sont réunis mercredi sur les lieux du crime pour réclamer à nouveau l’extradition du Canada vers la France de Hassan Diab. Ce sociologue d’origine libanaise qui a enseigné à l’Université d’Ottawa est soupçonné d’avoir participé au célèbre attentat qui avait fait 4 morts et 46 blessés le 3 octobre 1980 devant une synagogue de Paris.

 

Seule une erreur de minuterie avait empêché la moto piégée d’exploser au moment de la sortie des centaines de fidèles réunis à l’occasion de la fête juive de Sim’hat Torah. L’attentat attribué au Front populaire de libération de la Palestine avait provoqué un choc. Un demi-million de personnes défilèrent dans les rues.

 

Processus d’appel

 

L’extradition prononcée par la Cour supérieure de l’Ontario en juin 2011 est en appel. La cause sera entendue les 4 et 5 novembre prochains. « Après cinq ans, les familles des victimes ont le sentiment que le Canada n’est pas très actif pour faire appliquer la demande ou que les avocats de Hassan Diab sont très bons », dit Guillaume Denoix de Saint Marc, directeur général de l’Association française des victimes de terrorisme. « Il n’y a pourtant aucun doute à avoir sur l’intégrité de la justice française », dit-il.

 

Le juge d’instruction Marc Trévidic dit détenir plusieurs preuves incriminant Hassan Diab, comme un passeport chypriote, plusieurs témoignages l’identifiant et une note d’hôtel. Même si tous les soupçons pèsent sur lui, ses avocats soutiennent que leur client ne peut être extradé puisqu’il n’a pas été formellement accusé. Une formalité juridique puisque, suivant la procédure française, une fois interrogé, Diab devrait être mis en examen.

 

Des preuves issues de la torture ?

 

Libéré sous conditions depuis mars 2009, Hassan Diab a toujours clamé son innocence. Selon lui, il y a erreur sur la personne. Cet été, Amnistie internationale et deux associations canadiennes de libertés civiles ont prétendu que certaines preuves incriminant Diab pourraient avoir été obtenues par la torture. Cela contreviendrait, disent-elles, aux principes fondamentaux de justice.

 

Selon le journaliste israélien Micha Shagrir, dont l’épouse est morte dans l’attentat, certaines informations auraient en effet été récupérées par la France des services secrets est-allemands après la chute du mur de Berlin.

 

« Nous exigeons que la justice avance. En France, Diab jouira de toutes les protections dont peut jouir un accusé », réplique Guillaume Denoix de Saint Marc. Les victimes de la rue Copernic risquent cependant d’attendre encore. Si la cour devait rejeter l’appel, la cause aurait toutes les chances de se rendre en Cour suprême.

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