Sommet du G20: Obama et Poutine ne laissent rien transparaître de leurs désaccords

Saint-Pétersbourg — Le président des États-Unis et son homologue russe se sont serré la main, ont échangé des sourires et ont discuté du paysage jeudi à Saint-Pétersbourg, dans un échange public de banalités qui contrastait avec leur relation de plus en plus tendue.

«Nous avons en quelque sorte frappé un mur», avait déclaré Barack Obama mercredi, à la veille de son arrivée en Russie pour le sommet des dirigeants du G20.

Avec les tensions entourant le conflit en Syrie, la taupe de l'agence américaine de sécurité nationale Edward Snowden et les droits de la personne en Russie, M. Obama et le président russe, Vladimir Poutine, n'ont pas prévu de rencontre bilatérale en marge du rassemblement du G20. L'accueil formel du président américain par M. Poutine, devant le palais Constantin de Saint-Pétersbourg, est leur seule apparition publique commune prévue durant le sommet.

Décoder le langage corporel des deux dirigeants est devenu une sorte de jeu de société géopolitique à chacune de leurs rencontres. Mais il n'y avait pas grand-chose à décoder jeudi: leur échange n'a duré que 15 secondes.

La limousine noire de M. Obama est arrivée devant le palais où M. Poutine recevait les dirigeants étrangers un à un. Le président Obama est le seul dirigeant ayant utilisé son propre véhicule pour l'arrivée, les 19 autres leaders ayant emprunté l'une des Mercedes mises à leur disposition pour le sommet.

MM. Poutine et Obama, souriants, se sont salués mutuellement avec une poignée de main. M. Obama a montré de la main le palais et le ciel radieux, avant de déclarer que l'endroit était «magnifique».

Les deux présidents pourraient se parler de nouveau en marge du sommet, notamment jeudi soir lors du dîner officiel des dirigeants, où le dossier syrien devrait être abordé. Mais toute discussion à ce sujet entre MM. Poutine et Obama restera privée.

Le pape s'en mêle

Le pape François a appelé jeudi les dirigeants des pays du G20 à abandonner la «poursuite futile» d'une solution militaire en Syrie, plaidant pour une résolution négociée du conflit qui garantirait les droits de tous les citoyens syriens, incluant les chrétiens minoritaires.

Dans une lettre transmise à l'hôte du sommet du G20, le président russe Vladimir Poutine, le pape déplore que des «intérêts unilatéraux» aient prévalu jusqu'à maintenant en Syrie, permettant la poursuite du «massacre insensé» d'innocents et empêchant une solution diplomatique pour mettre fin au conflit.

Dans sa lettre, le pape appelle les dirigeants du G20 à trouver des moyens de surmonter leurs «positions conflictuelles» et à mettre de côté leur «poursuite futile d'une solution militaire».

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