Snowden demande l’asile provisoire à la Russie

Edward Snowden
Photo: Vincent Yu AP Edward Snowden

L’ex-consultant du renseignement américain, Edward Snowden, bloqué depuis plus de trois semaines dans un aéroport de Moscou, a officiellement demandé mardi un asile provisoire à la Russie, sans lever totalement les questions sur ses hésitations.

 

« La demande a été envoyée aux autorités russes », a déclaré Anatoli Koutcherena, un avocat, proche du pouvoir russe, qui a pris en charge le fugitif américain depuis vendredi. Il a précisé que la demande avait été remise à des représentants du service des migrations.

 

« Je viens de quitter » Edward Snowden à l’aéroport de Moscou-Cheremetievo, a ajouté l’avocat. Auparavant, il avait indiqué que le jeune informaticien faisait activement appel à ses conseils.

 

« Je lui ai tout expliqué sur le statut de réfugié et les lois qui le définissent, et le décret de 1995 sur l’asile politique, et la directive gouvernementale sur l’asile temporaire », avait indiqué Me Koutcherena.

 

Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a répété que le Kremlin ne se mêlait pas de cette affaire. « Le service des migrations s’occupe de cette question », a-t-il déclaré à l’agence Interfax.

 

Une source au sein de ce service, citée par Itar-Tass, a indiqué que l’examen de la demande d’asile temporaire de M. Snowden pourrait prendre jusqu’à trois mois.

 

En attendant, des documents seront remis au fugitif américain lui permettant de se rendre sur le territoire russe, a-t-elle ajouté.

 

Lors de la rencontre vendredi à l’aéroport, à laquelle avaient notamment été conviés des défenseurs des droits de la personne, des avocats et un député proche du Kremlin, Edward Snowden avait déclaré vouloir demander l’asile à la Russie dans l’attente de pouvoir rejoindre un pays d’Amérique latine comme le Venezuela.

 

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Nouvelle action en justice contre la NSA

Dix-neuf associations américaines ont porté plainte mardi contre l’Agence nationale de sécurité (NSA), dont elles estiment que le programme de collecte des métadonnées téléphoniques révélé par Edward Snowden porte atteinte à leur droit constitutionnel à la liberté d’expression.

L’action en justice a été lancée par l’Electronic Frontier Foundation (EFF), l’une des ONG les plus impliquées dans la défense des droits sur Internet, au nom de groupes aussi divers qu’une église baptiste de Los Angeles, une association de défense des propriétaires d’armes, Greenpeace ou encore l’organisation Human Rights Watch.

Les plaignants estiment que la collecte systématique des métadonnées de tous les appels passés aux États-Unis permet à l’État fédéral de surveiller l’activité de leurs groupes et d’identifier qui sont leurs membres.

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