130 morts en RDC - Les hostilités reprennent à Goma

65 000 Congolais ont cherché refuge en Ouganda, selon la Croix-Rouge ougandaise.
Photo: Phil Moore 65 000 Congolais ont cherché refuge en Ouganda, selon la Croix-Rouge ougandaise.

Les combats en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo ont fait 130 morts en 24 heures, a affirmé lundi le gouvernement de Kinshasa, les Nations unies se disant prêtes à employer « la force armée » pour stopper une avancée des rebelles.

 

Selon la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO), les rebelles congolais du Mouvement du 23 mars (M23) ont renforcé leurs positions autour de la ville de Goma à l’aide d’artillerie lourde et d’un blindé.

 

Lundi, des tirs étaient audibles depuis les quartiers nord de Goma, capitale régionale du Nord-Kivu. Plusieurs chars de l’armée congolaise ont tiré en direction des positions du M23, a constaté un photographe de l’AFP. Ce journaliste a par ailleurs croisé un millier de réfugiés qui se pressaient vers Goma, dans un nuage de poussière.

 

En fin de matinée à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé avait assuré à la presse que l’armée avait « infligé de très lourdes pertes » aux rebelles. Ces nouveaux combats avaient commencé dimanche en début d’après-midi.

 

Le M23 est constitué d’anciens militaires congolais qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui - en hommes et en munitions - auprès des gouvernements ougandais et rwandais. Mais ces deux pays voisins nient toute assistance au M23.

 

M. Mendé a assuré que les rebelles congolais, « soutenus par des troupes régulières rwandaises », avaient attaqué les positions des forces armées. De son côté, le M23 a affirmé qu’il condamnait « avec la dernière énergie cette reprise de la guerre à l’initiative du gouvernement congolais », dans un communiqué diffusé dans la nuit.

 

Enfin, le Rwanda a accusé lundi soir l’armée de RDC et la MONUSCO d’avoir bombardé deux villages rwandais frontaliers. Selon le général Joseph Nzabamwita, porte-parole de l’armée rwandaise, deux obus ont atterri dans les villages de Kageshi et Gasiza, sans faire de blessés, et il s’agissait d’un acte de provocation délibéré.

 

L’ONU, qui entretient 17 000 Casques bleus en RDC, avait été pris à partie fin 2012 pour son incapacité à protéger les populations du Nord-Kivu. Les Nations unies ont, depuis, imposé un accord-cadre signé à Addis-Abeba le 24 février : tous les pays de la région se sont alors engagés à ne pas appuyer les mouvements rebelles agissant dans l’Est de la RDC.

 

Lundi, le porte-parole de l’ONU Martin Nesirky a formulé une mise en garde : la MONUSCO a « placé ses troupes en état d’alerte. [Elle] se tient prête à prendre toutes les mesures nécessaires et cela comprend l’usage de la force armée dans le but de protéger les populations civiles », a-t-il dit. « Toute tentative du M23 de se diriger vers Goma sera considérée comme une menace directe contre les civils », a-t-il ajouté.

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