«Mur de sécurité» - Les États-Unis mettent leur veto au projet de résolution

New York (Nations Unies) — Les États-Unis ont mis hier leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU à un projet de résolution condamnant la construction par Israël d’une «ligne de sécurité» en Cisjordanie.

C’est la 78e fois que les États-Unis bloquent le passage d’un projet de résolution condamnant Israël.
Ce projet déposé par la Syrie au nom du Groupe arabe qualifiait cette ligne de sécurité d’«illégale aux termes de la loi internationale» et demandait que sa construction soit «arrêtée et inversée».
Le texte avait reçu 10 voix pour. Quatre pays, l’Allemagne, la grande Bretagne, la Bulgarie et le Cameroun se sont abstenus lors du vote.
Outre la condamnation du «mur», le projet de résolution réaffirmait l’opposition du Conseil de sécurité «à toutes les activités de colonisation dans les territoires occupés et toutes les activités impliquant la confiscation de terres et leur annexion de fait».
Washington avait bloqué le 16 septembre dernier un texte exigeant qu’Israël revienne sur ses menaces d’expulser Yasser Arafat, le président de l’Autorité palestinienne. Le 20 décembre 2002, les États-Unis avaient opposé leur veto à projet de résolution condamnant Israël pour la mort de plusieurs employés des Nations Unies dans les territoires palestiniens.
Nasser al-Kidwa, le représentant palestinien à l’ONU avait indiqué à l’AFP que, si les États-Unis mettaient leur veto au texte condamnant la construction du mur, il demanderait immédiatement une session extraordinaire de l’assemblée générale des Nations Unies.
Une session extraordinaire de l’ONU avait été aussi demandée à la suite du précédent veto américain et avait abouti à l’adoption de la même résolution par 133 voix pour, 15 abstentions et 4 voix contre (États-Unis, Israël, Micronésie et îles Marshall).
Le veto n’existe pas à l’assemblée générale mais les résolutions qu’elle adopte, à la différence de celles du Conseil de sécurité, n’ont pas force de loi.
L’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, John Negroponte a indiqué dans une explication de vote que le texte présenté «n’était pas équilibré et ne condamnait pas le terrorisme en termes explicites».