Affaire Snowden - Imbroglio diplomatique autour de Morales


	Un reportage sur Edward Snowden diffusé à Hong Kong, à la fin du mois de juin. De nombreux pays ont refusé l’asile au jeune Américain, qui avait déposé dimanche des demandes auprès de 21 pays.
Photo: Vincent Yu AP
Un reportage sur Edward Snowden diffusé à Hong Kong, à la fin du mois de juin. De nombreux pays ont refusé l’asile au jeune Américain, qui avait déposé dimanche des demandes auprès de 21 pays.
Edward Snowden, l’informaticien américain réfugié dans un aéroport de Moscou et recherché par Washington pour espionnage, a renoncé à rester en Russie alors que la nuit de mardi à mercredi a été marquée par un imbroglio diplomatique autour du retour du président bolivien Evo Morales de Moscou à La Paz.
 
M. Morales a atterri mardi soir à l’aéroport de Vienne, venant de Moscou, mais Snowden n’était pas avec lui, a indiqué le ministère autrichien des Affaires étrangères, mettant fin à des rumeurs qualifiées d’« infondées » par La Paz sur le fait qu’il ait pu se trouver dans l’avion du président bolivien.
 
Selon le ministre bolivien des Affaires étrangères, David Choquehuanca, l’avion de M. Morales a été contraint d’atterrir à Vienne après que le Portugal lui eut initialement refusé une escale technique et la France le survol de son territoire. Dans la nuit, Lisbonne a finalement donné son feu vert pour le survol de son espace aérien, selon La Paz.
 
« Le président Morales repartira tôt mercredi matin », a de son côté indiqué le porte-parole du ministre autrichien.
 
Paris avait indiqué ne pas être informé de l’affaire et ne « pas être en mesure » de commenter cette information.
 
Le ministre bolivien de la Défense, Ruben Saavedra, a toutefois annoncé mardi depuis Vienne que la France avait changé d’avis et finalement donné son feu vert pour que l’avion de M. Morales puisse survoler son territoire.
 
Edward Snowden avait essuyé mardi un refus de la part de nombreux pays auxquels il a demandé l’asile politique. En contact étroit avec de nombreuses capitales, les États-Unis ont dit avoir « bon espoir » que l’ex-consultant de l’Agence américaine de sécurité nationale (NSA) rentre aux Etats-Unis. Des responsables américains sont « en contact, comme c’est le cas depuis plusieurs jours maintenant, avec de nombreux pays qui pourraient être des lieux de transit ou des destinations finales » pour M. Snowden, a déclaré la porte-parole du département d’État, Jennifer Psaki.
 
L’Allemagne, estimant que « les conditions d’accueil ne sont pas réunies », a rejoint la Pologne, l’Inde, le Brésil et les Pays-Bas qui avaient annoncé mardi leur refus d’accorder l’asile au jeune Américain de 30 ans, qui avait déposé dimanche des demandes auprès de 21 pays.
 
L’Autriche, la Finlande, la Norvège, l’Espagne et l’Italie ont pour leur part confirmé avoir reçu une demande d’asile politique, tout en soulignant qu’elle ne correspondait pas aux critères officiels, laissant ainsi entendre qu’elle serait rejetée. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, a réitéré n’avoir pas encore reçu de demande.
 
Mardi matin, le Kremlin a annoncé que le jeune Américain avait retiré sa demande d’asile en Russie. Le chef de l’État russe, Vladimir Poutine, avait déclaré lundi que Snowden, coincé depuis le 23 juin dans la zone de transit de l’aéroport Moscou-Cheremetievo, pouvait rester en Russie à condition qu’il cesse « ses activités visant à faire du tort » aux Américains.

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