Des dizaines de milliers de Brésiliens manifestent leur colère

La police de Rio affrontait au centre de la ville des milliers de manifestants en colère contre la hausse des tarifs pour l'autobus et le métro, ainsi que la facture du Mondial-2014.

Cinq policiers ont été blessés, selon un communiqué officiel de la Police militaire (PM, chargée du maintien de l’ordre au Brésil) diffusé à 21h30 (heure locale). La PM a précisé avoir mobilisé 150 policiers pour assurer la sécurité de l’événement.

Environ 100 000 personnes à Rio, en majorité des jeunes, selon les derniers chiffres de la police, ont manifesté pendant des heures pacifiquement, mais un groupe de manifestants a mis le feu à des poubelles devant l’Assemblée législative à la fin du défilé, et dansé en rond autour des bennes enflammées. Il y a eu ensuite dans la nuit des scènes de véritable guérilla urbaine.

Plus de 200 000 Brésiliens ont en outre manifesté lundi à São Paulo et dans la plupart des grandes villes du Brésil, en pleine Coupe des Confédérations de football.

À Brasilia où 5000 manifestants étaient mobilisés, les jeunes sont montés sur le toit du Parlement. À São Paulo, 65 000 manifestants étaient rassemblés dans une manifestation pacifique jusqu’à présent.

Vendredi dernier, à São Paulo, les journaux avaient diffusé des photos de manifestants et de journalistes aux visages ensanglantés et tuméfiés ainsi que des vidéos montrant les forces de l'ordre utiliser du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc contre des foules scandant «pas de violence».

Les protestataires de Rio ont incendié des sacs d'ordures empilés dans les rues, fracassé des fenêtres et couvert de graffitis des bâtiments et des autobus.
 
Selon les organisateurs, plus de 100 manifestants ont été blessés. La police a seulement indiqué que 12 agents avaient été blessés et que plus de 230 personnes avaient été arrêtées puis relâchées.
 
À l'origine des protestations: une hausse de 10 cents des prix du transport en commun.
 
D'après les manifestants, cette augmentation relativement faible a fait éclater les frustrations d'un peuple qui paie de lourds impôts, mais qui dispose de systèmes d'éducation publique, de santé et de transport en commun inefficaces.
 
«Il s'agit de bien plus que ces 10 cents. Il s'agit d'une société qui en a marre des politiciens corrompus qui ne tiennent pas leurs promesses d'apporter des améliorations», a déclaré un jeune homme filmant les manifestations.
 
Avec l'Agence France-Presse

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