La FAO s’attaque à la malbouffe

Photo: Mike Hutmacher Associated Press
Nourrir plus et surtout nourrir mieux : la FAO qui lutte pour un meilleur accès à l’alimentation dans le monde ouvre un nouveau front en comptabilisant l’ensemble des « mal nourris », ceux qui souffrent de carences, mais aussi les obèses.

Si 12,5 % de la population mondiale (868 millions de personnes) souffrent encore d’un apport de calories insuffisant dans leur bol quotidien, la part des « mal nourris » atteint 2 milliards d’humains, qui pâtissent d’une ou plusieurs carences en micronutriments (vitamines et autres), indique l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) dans un rapport. Calculée ainsi, la malnutrition concerne 26 % des enfants qui présentent un retard de croissance et 1,4 milliard d’humains en excès pondéral — dont 500 millions d’obèses.

« La plupart des pays sont touchés par plusieurs types de malnutritions qui peuvent coexister à l’échelle du pays, du ménage ou de l’individu », indique la FAO dans son rapport annuel intitulé La situation de l’alimentation et de l’agriculture ». C’est notamment le cas des grands pays émergents comme la Chine ou le Brésil où l’excès pondéral devient un enjeu de santé publique qui accompagne l’urbanisation et l’augmentation des revenus.

Certes l’organisation rappelle que la malnutrition de la mère et de l’enfant reste « de loin » la charge principale « entraînant des coûts sociaux pratiquement deux fois plus élevés que ceux de l’excès pondéral et de l’obésité chez l’adulte ». Mais le premier type de coûts a « pratiquement été divisé par deux depuis vingt ans tandis que celui de l’excès pondéral et de l’obésité a pratiquement doublé ».

Lors de la Journée de l’Alimentation en octobre, le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’Alimentation Olivier De Schutter avait appelé à prendre en compte le déficit en éléments essentiels au développement physique et psychologique des enfants, « comme l’iode, le fer, les vitamines ».
 
Quand les prix des denrées de base augmentent, comme l’an dernier sous l’effet de la sécheresse aux États-Unis, les plus pauvres réduisent leur consommation : « Non seulement ils font moins de repas mais ceux-ci sont moins diversifiés. Cette menace n’est pas assez vue comme une priorité, or c’en est une », jugeait-il alors.

 
1 commentaire
  • Jacques Beaudry - Inscrit 5 juin 2013 11 h 12

    incomplet et réductif

    Attribué l'augmentation des prix des denrées de base à une sécheresse aux usa est très réductif des causes au phénomène d'augmentation des prix. C'est mettre de côté les ravages causés par les spéculateurs sur le marché des matières premières à la bourse qui visent un plus grand profit facile à empocher. Un profit rapide et sans effort, sans travail et sans impact économique fovorable pour les travailleurs de l'alimentation. Ils n'ont que faire du sort de ceux qui évoluent dans la pauvreté.