États-Unis - La réforme des lois sur les armes a déjà du plomb dans l’aile

Des mères qui veulent de nouvelles lois sur les armes à feu ont manifesté mercredi devant le Sénat.
Photo: Agence France-Presse (photo) Alex Wong Des mères qui veulent de nouvelles lois sur les armes à feu ont manifesté mercredi devant le Sénat.

Washington – La réforme des lois sur les armes promue par le président Barack Obama a subi mercredi un échec sévère, quatre mois après l’électrochoc du massacre de l’école de Newtown, avec le rejet d’une des mesures principales par le Sénat américain.


Quatre élus du parti démocrate ont fait défection et rejoint les républicains pour voter contre un amendement qui aurait imposé des vérifications d’antécédents judiciaires et psychiatriques avant les achats d’armes sur Internet et dans les foires spécialisées.


« Honte à vous », a crié depuis la galerie du public Patricia Maisch, qui avait survécu à la fusillade de Tuscon, dans l’Arizona, en janvier 2011.


Le rejet du texte, lui-même édulcoré par rapport aux premières versions, marque une défaite politique cinglante pour Barack Obama, qui a investi un capital politique considérable sur ce thème.


Depuis janvier, le président a consacré trois déplacements et deux interventions formelles à la Maison-Blanche aux armes à feu, souvent aux côtés de parents d’écoliers abattus à bout portant à Newtown. Une heure avant le vote, anticipant la défaite, le vice-président, Joe Biden, avait promis que « si nous n’y parven[ions] pas aujourd’hui, nous y parviendrons en fin de compte ». Il a exceptionnellement présidé la séance.


Les vérifications d’antécédents sont aujourd’hui requises seulement dans les magasins, sauf dans quelques États qui ont voté des lois plus strictes. Or les armureries ne représentent que 60 % des ventes.


Une écrasante majorité d’Américains soutient la suppression de cette faille légale, mais le puissant lobby des armes, par la voix de la National Rifle Association (NRA), s’est montré intraitable.


La NRA, forte de millions de membres, peut se révéler une redoutable ennemie politique au moment des élections, en finançant des publicités télévisées contre les républicains qui l’auraient froissée en votant pour un affaiblissement perçu du deuxième amendement de la Constitution, qui garantit le droit de détenir une arme pour se défendre.


Un foyer américain sur trois possède au moins une arme.


Les démocrates qui ont voté contre, mercredi, représentent des État ruraux comme l’Arkansas et le Dakota du Nord, où de nombreuses familles adhèrent à la NRA et possèdent des armes pour l’autodéfense, la chasse, le tir sportif ou comme simples collectionneurs.


Le républicain Charles Grassley a accusé mercredi l’administration Obama « de politiser une terrible tragédie pour promouvoir son programme anti-armes » et proposé sa propre mesure qui, de fait, assouplirait certaines réglementations.


« Le but est de faire quelque chose sur le fond qui s’attaquera au problème sous-jacent, et pas seulement de voter une loi pour se sentir mieux », a déclaré Lindsey Graham, fier propriétaire d’un fusil semi-automatique adapté d’un modèle militaire.

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