L’explosion d’une météorite fait un millier de blessés en Russie

Les fragments incandescents de la météorite ont laissé derrière eux des traînées de fumée.
Photo: Agence France-Presse (photo) Oleg Kargopolov Les fragments incandescents de la météorite ont laissé derrière eux des traînées de fumée.

Au lendemain de l’explosion d’une météorite au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk, les scientifiques sont à pied d’oeuvre pour étudier ce phénomène rare, que les astronomes n’ont pas vu venir, mais que beaucoup de citoyens russes ont pu filmer.


« Nos équipements au sol, de même que ceux situés à l’étranger, ne nous ont pas permis de surveiller ce corps céleste », reconnaissait un porte-parole de Roscosmos, l’agence spatiale russe.


Les autorités veulent maintenant tenter de comprendre pourquoi la météorite n’a pas pu être détectée plus tôt. Les scientifiques tentent de déterminer si la combustion de la météorite a causé de la pollution dans la région, mais les autorités russes écartent pour l’instant la possibilité d’une contamination radioactive, explique la chaîne d’information russe RT. La météorite pesait environ 10 tonnes selon l’Académie russe des sciences (ASR). Il s’agirait d’un « bolide », une seule météorite qui explose dans l’atmosphère et qui présente donc un certain degré de danger. Le phénomène observé n’était donc pas une « pluie de météorites », selon l’ASR.


Il s’agissait plutôt d’une boule incandescente accompagnée d’une vive lumière blanche, se déplaçant à une vitesse de 20 kilomètres à la seconde. Elle est apparue dans la matinée dans le ciel de Tcheliabinsk. La météorite a ainsi brûlé partiellement en entrant dans les couches basses de l’atmosphère avant de se désintégrer. Ses fragments incandescents ont à leur tour poursuivi leur course pour atteindre la Terre, laissant derrière eux des traînées de fumée. De fortes explosions ont alors retenti dans le ciel, leurs souffles ont endommagé de nombreux bâtiments, blessant un millier de personnes. Selon le gouverneur, les deux tiers des blessures sont légères, dues à des éclats de verre. Seules deux personnes sont dans un état grave


Si les astronomes n’ont pas vu la météorite venir, les citoyens russes ont été nombreux à filmer les panaches de fumée qu’elle a laissés dans l’atmosphère, grâce à des téléphones intelligents et surtout à des caméras installées à bord d’automobiles. Les Russes sont en effet nombreux à avoir accroché des petites caméras sur le tableau de bord de leurs voitures, afin d’éviter de se faire racketter par des policiers corrompus ou escroquer par les fraudeurs à l’assurance qui simulent des accidents de la route, rapporte la BBC.

 

2012 DA 14


Un précédent célèbre, la « météorite de Toungouska », avait frappé la Sibérie en 1908 : il s’agissait plus probablement d’un astéroïde ou d’un noyau de comète dont l’impact avait été ressenti à des centaines de kilomètres, soufflant les arbres dans un rayon d’au moins 20 kilomètres. Cet événement restait dans les esprits alors que chutait l’astéroïde 2012 DA 14, qui est passé vendredi à 27 680 kilomètres de la Terre. Il s’agit du plus gros astéroïde jamais détecté à passer aussi près de la Terre, selon l’agence spatiale américaine. Et contrairement aux débris de la météorite tombée en Russie, si l’astéroïde avait touché la planète, il aurait pu anéantir une grande agglomération.


 

Avec l’Agence France-Presse