Indépendance - La Catalogne fait un pas de plus vers un référendum

Madrid juge pour l’instant que tout référendum sur l’autodétermination de la Catalogne serait illégal et anticonstitutionnel.
Photo: La Presse canadienne (photo) Manu Fernandez Madrid juge pour l’instant que tout référendum sur l’autodétermination de la Catalogne serait illégal et anticonstitutionnel.

Même si elle reste symbolique, la déclaration de souveraineté pourrait provoquer une confrontation avec le gouvernement central de Madrid, qui a déjà annoncé son intention de bloquer en justice toute tentative d'indépendance de la Catalogne.

La déclaration a été soutenue par le parti au pouvoir en Catalogne, Convergence et Union, et par la Gauche républicaine. Le Parti socialiste catalan a voté contre, tout comme le Parti populaire, au pouvoir à Madrid.

Les sondages indiquent que les Catalans sont divisés à part égales sur la question de l'indépendance, mais qu'une majorité d'entre eux s'oppose à une sortie de l'Union européenne.

Cette semaine, les deux partis souverainistes sortis victorieux des récentes élections, le parti au pouvoir Convergencia i Unio (CiU) et son partenaire Esquerra Republicana (ERC) se sont entendus sur une déclaration. « Le peuple de Catalogne possède, pour des raisons de légitimité démocratique, le caractère d’un sujet politique juridiquement souverain », affirme la résolution. Le texte sera aussi soutenu par la coalition écologiste de gauche ICV-EUIA, qui a obtenu que la démarche souverainiste s’appuie sur les organismes populaires et économiques.


Très divisés sur le sujet, les socialistes du PSC ont finalement quitté les négociations et décidé de présenter une résolution alternative. Le texte affirme que, si le peuple catalan a le droit décider de son avenir, celui-ci ne peut s’exercer que dans le cadre de négociations avec le gouvernement espagnol. « C’est avec Rajoy [président du gouvernement espagnol] que nous devons négocier l’avenir de la Catalogne », a déclaré au quotidien La Vanguardia le premier secrétaire du PSC, Pere Navarro. Par ailleurs favorables à une consultation, les socialistes estiment qu’un référendum ne peut avoir lieu que « dans le cadre de la légalité espagnole ».


Or, Madrid juge pour l’instant que tout référendum sur l’autodétermination de la Catalogne serait illégal et anticonstitutionnel. Le gouvernement de Mariano Rajoy a affirmé qu’il s’opposerait « par tous les moyens » à la tenue d’un référendum. Certains ministres n’ont pas hésité à évoquer un recours aux tribunaux ou même à la force. À Barcelone, une trentaine de députés, du Parti populaire (PPC) et du petit parti Ciutadans, soutiennent ce point de vue. Selon le PPC, ces débats « inutiles » ne font qu’aggraver la crise.


Pour le président catalan Artur Mas, l’adoption de cette déclaration marque le coup d’envoi du programme législatif destiné à lever tous les obstacles légaux à l’organisation d’un référendum en 2014. Le gouvernement entend notamment créer un Conseil catalan pour la transition. À l’ordre du jour aussi, la mise sur pied d’une agence fiscale afin de faciliter le rapatriement des impôts prélevés par Madrid. Le gouvernement catalan souhaite aussi faire connaître son projet souverainiste à l’étranger. Artur Mas devrait bientôt se rendre à Bruxelles et à Berlin.

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Ce texte a été modifié après publication

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