Indépendance - La Catalogne fait un pas de plus vers un référendum

Madrid juge pour l’instant que tout référendum sur l’autodétermination de la Catalogne serait illégal et anticonstitutionnel.
Photo: La Presse canadienne (photo) Manu Fernandez Madrid juge pour l’instant que tout référendum sur l’autodétermination de la Catalogne serait illégal et anticonstitutionnel.

Madrid, Espagne — Le Parlement de Catalogne, en Espagne, a approuvé mercredi une déclaration symbolique qui affirme la souveraineté de la région, ouvrant la voie à un référendum sur l'indépendance. La proposition a été adoptée par 85 voix contre 41, avec deux abstentions.

Même si elle reste symbolique, la déclaration de souveraineté pourrait provoquer une confrontation avec le gouvernement central de Madrid, qui a déjà annoncé son intention de bloquer en justice toute tentative d'indépendance de la Catalogne.

La déclaration a été soutenue par le parti au pouvoir en Catalogne, Convergence et Union, et par la Gauche républicaine. Le Parti socialiste catalan a voté contre, tout comme le Parti populaire, au pouvoir à Madrid.

Les sondages indiquent que les Catalans sont divisés à part égales sur la question de l'indépendance, mais qu'une majorité d'entre eux s'oppose à une sortie de l'Union européenne.

Cette semaine, les deux partis souverainistes sortis victorieux des récentes élections, le parti au pouvoir Convergencia i Unio (CiU) et son partenaire Esquerra Republicana (ERC) se sont entendus sur une déclaration. « Le peuple de Catalogne possède, pour des raisons de légitimité démocratique, le caractère d’un sujet politique juridiquement souverain », affirme la résolution. Le texte sera aussi soutenu par la coalition écologiste de gauche ICV-EUIA, qui a obtenu que la démarche souverainiste s’appuie sur les organismes populaires et économiques.


Très divisés sur le sujet, les socialistes du PSC ont finalement quitté les négociations et décidé de présenter une résolution alternative. Le texte affirme que, si le peuple catalan a le droit décider de son avenir, celui-ci ne peut s’exercer que dans le cadre de négociations avec le gouvernement espagnol. « C’est avec Rajoy [président du gouvernement espagnol] que nous devons négocier l’avenir de la Catalogne », a déclaré au quotidien La Vanguardia le premier secrétaire du PSC, Pere Navarro. Par ailleurs favorables à une consultation, les socialistes estiment qu’un référendum ne peut avoir lieu que « dans le cadre de la légalité espagnole ».


Or, Madrid juge pour l’instant que tout référendum sur l’autodétermination de la Catalogne serait illégal et anticonstitutionnel. Le gouvernement de Mariano Rajoy a affirmé qu’il s’opposerait « par tous les moyens » à la tenue d’un référendum. Certains ministres n’ont pas hésité à évoquer un recours aux tribunaux ou même à la force. À Barcelone, une trentaine de députés, du Parti populaire (PPC) et du petit parti Ciutadans, soutiennent ce point de vue. Selon le PPC, ces débats « inutiles » ne font qu’aggraver la crise.


Pour le président catalan Artur Mas, l’adoption de cette déclaration marque le coup d’envoi du programme législatif destiné à lever tous les obstacles légaux à l’organisation d’un référendum en 2014. Le gouvernement entend notamment créer un Conseil catalan pour la transition. À l’ordre du jour aussi, la mise sur pied d’une agence fiscale afin de faciliter le rapatriement des impôts prélevés par Madrid. Le gouvernement catalan souhaite aussi faire connaître son projet souverainiste à l’étranger. Artur Mas devrait bientôt se rendre à Bruxelles et à Berlin.

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Ce texte a été modifié après publication

23 commentaires
  • Gilles Bousquet - Abonné 23 janvier 2013 06 h 31

    3 référendums en 2014 ?

    L'Écosse va tenir un référendum sur sa séparation du Royaume-Uni et la Catalogne, de l'Espagne aussi. Est-ce que le Québec va suivre avec le sien qui le séparara du Canada en général et de M. Harper en particulier ?

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 23 janvier 2013 07 h 09

    La Flandre ?

    Il y aura peut-être aussi une séparation en Belgique en 2014.

  • Jack Plante - Inscrit 23 janvier 2013 07 h 19

    Nord de L'Espagne?

    Je croyais que c'était le Pays Basque qui était au nord de l'Espagne

    • François Rivest - Abonné 23 janvier 2013 08 h 56

      Les deux sont au nord, mais la Catalogne est au nord-est.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 23 janvier 2013 07 h 57

    Le referendum au Quebec

    n aura pas lieu en2014 a cause du peu de fierte des Quebecois,de leur mollesse,d etre ne pour un petit pain ou encore de leur ignorance historique de leur pays et ne pouvant faire l union des forces de cette societe.En 2015,peut-etre si on realise enfin qu on ne rien obtenir de nos maitres federaux comme l Ecosse et la Catalogne ou le pouvoir central non seulement ne veut rien ceder mais cherche par tous moyens a empecher la population de s exprimer.La mode serait-elle aux dictatures? J-P.Grise

    • Jacques Moreau - Inscrit 23 janvier 2013 10 h 17

      Un problème avec la "séparation" du Québec est, à mon avis, est que cette "indépendance" est motivé par la question linguistique. Personnellement je n'ai que faire de cette problématique. Une fois indépendant le Québec sera entouré d'anglophone, n'ayant peu de raison de vouloir maintenir des droits linguistiques aux francophones. On risque de voir disparaître la reconnaissance légale du français dans le reste du Canada, et voir l'attrait de l'anglais augmenter, au pays du Québec.

    • Jacques Beaudry - Inscrit 23 janvier 2013 14 h 30

      @ Jacques Moreau.

      C'est d'une étroitesse d'esprit remarquable que de restreidre l'indépendance d'un peuple à l'exercice de sa langue. À propos ne sommes-nous pas déjà entouré d'anglophone? L'attrait de l'anglais n'augmente-t-il pas jour après jour au "pays du Québec"? Et pourtant nous ne sommes pas encore indépendant. Se peut-il que le souhait d'un pays autonome trouve sa source ailleurs que dans le parler de sa langue d'origine?

    • Richard Coulombe - Inscrit 23 janvier 2013 15 h 29

      Ah tiens! Donc les 60% de Québécois qui ne pensent pas comme vous sont des lâches, ignorants et timorés. Beau projet inclusif que cette souveraineté, qui heureusement ne se produira jamais.

    • Jacques Moreau - Inscrit 25 janvier 2013 12 h 32

      Bien sûr M. Beaudry, l'esprit d'indépendance n'est pas restreint à la langue. Ça peut être la religion, la race, l'ethnie, ... le pouvoir! Être la grosse grenouille dans un petit étant est plus attrayant que n'être une autre grenouille dans un grand étang. L'Amérique Centrale fut pendant un certain temps, un seul pays, fédéré. C'est devenue plusieurs petits pays indépendants desquels nous recevons, régulièrement, des "réfugiés politiques" ou de simples immigrants illégaux. Peu de nos "opprimés" s'exilent pour leurs "sécutés".

    • Marc-André Lapointe - Inscrit 26 janvier 2013 11 h 17

      Jacques Moreau, la langue n'est pas un argument isolé en faveur de la souveraineté, c'est un argument pluriel. Nombreux sont les éléments de notre culture qui viennent du fait que nous parlons français. Si tout à coup nous abandonnions complètement notre langue (mais le résultat sera le même si elle met 100 ans pour disparaître), notre histoire se transformerait en folklore, notre musique de langue française disparaîtrait progressivement, tout comme nos contes, notre littérature, le souvenir de notre évolution en tant que peuple. Et je pense bien que notre culture politique et économique changerait elle aussi.
      La langue, ce n'est pas que la langue!

  • Jean Lapointe - Abonné 23 janvier 2013 08 h 54

    On ne peut que s'en réjouir.


    On ne peut que se réjouir du fait que des référenda sur la souveraineté vont, ou pourraient, se tenir en Ecosse et en Catalogne.

    Si je m' en réjouis c'est, bien sûr, d'abord pour les Ecossais et les Catalans parce que je leur souhaite d'obtenir la liberté à laquelle ils aspirent.

    Quoi de plus normal et de plus souhaitable que de vouloir sortir de la dépendance pour pouvoir être en mesure, pour un peuple, de disposer librement de son avenir.

    Mais, si je m'en réjouis, c'est aussi parce que j' espère que cela va ouvrir les yeux de certains de mes compatriotes qui se sont laissé convaincre par nos adversaires que l'indépendance nationale de nos jours ce n'est plus quelque chose de souhaitable parce qu' on serait à une époque où ce serait l'interdépendance et les grands ensembles qui seraient d'actualité et qui seraient la meileure recette de l'avenir.

    C'est qu'il faut comprendre, il me semble, que pour qu' une interdépendance soit possible et enrichissante, il faut d'abord être indépendant, pour un peuple, pour être en mesure de pouvoir la négocier cette interdépendance, il faut qu'il puisse disposer de l'autorité requise pour ce faire.

    Mais il y a encore plus. L'indépendance politique pour un peuple c'est bien sûr souhaitable en soi, c'est mieux que la dépendance quand c'est possible économiquement parlant, entre autres, mais c'est aussi souhaitable parce que ça peut permettre aux individus de devenir aussi plus libres eux-mêmes.

    A mon avis, on ne peut vraiment se sentir libre soi-même tant et aussi longtemps que le peuple dont on fait partie ne l'est pas.

    Mais la liberté acquise par un peuple ne garantit pas nécessairement que tous ceux qui en font partie pourront aussi être plus en mesure de disposer d'eux-mêmes. Cela va dépendre du régime politique qu'il va se donner.

    Notre avenir comme peuple dépendra donc de ce que nous allons en faire. C'est à nous d'y voir.

    • Diane Leclerc - Inscrite 23 janvier 2013 10 h 15

      Excellent commentaire !