Élections en Italie - Berlusconi fait le ménage

Silvio Berlusconi
Photo: Agence France-Presse (photo) Livio Anticoli Silvio Berlusconi

Fini le temps des hygiénistes dentaires et des présentatrices de télévision dont le principal atout était le physique avenant qui leur assurait une place dans les listes du Peuple de la liberté (PDL), lors des élections de 2008, note La Stampa au lendemain du dépôt des listes définitives des candidats au scrutin des 24 et 25 février.


« En lisant les listes, on note l’absence des ex-fiancées, ou de celles qui prétendaient à ce titre, du Cavaliere. Pas une seule », écrit le quotidien.


Mais Silvio Berlusconi a dû éliminer des listes également plusieurs poids lourds de son parti soupçonnés de collusion avec la mafia, ceux que la presse a surnommé « les imprésentables ».


La lutte a été particulièrement rude avec l’ancien secrétaire d’État à l’Économie, Nicola Cosentino, visé par un mandat d’arrêt de la justice italienne et que seul son mandat de député avait jusqu’à présent sauvé de la prison. Selon la presse, M. Cosentino s’est acharné jusqu’à l’expiration des délais lundi soir à tenter de sauvegarder sa place.


Un des plus proches et plus anciens collaborateurs de M. Berlusconi, le sénateur Marcello Dell’Utri, condamné à 7 ans de prison pour complicité mafieuse, mais dont le procès se poursuit encore, a lui aussi été éliminé des différentes listes de candidats.


Les membres du PDL ayant des problèmes avec la justice n’ont cependant pas tous été éliminés, à commencer par Silvio Berlusconi lui-même, tête de liste dans toutes les circonscriptions pour la course au Sénat et condamné en octobre dernier pour fraude fiscale à quatre ans de prison, une peine ramenée à un an par effet d’une amnistie. Le Cavaliere est également sous le coup d’autres procès, dont un pour prostitution de mineure et abus de pouvoir, le Rubygate.


La tête de liste du PDL dans les Pouilles (sud), Raffaele Fitto, est visé par un procès pour corruption, abus de pouvoir et financement illégal de parti politique, des délits pour lesquels le parquet a demandé une peine de six ans et demi de prison.


Cette épuration des listes a laissé intact le groupe dirigeant du PDL. En outre, tous les ex-ministres, chefs de groupes parlementaires et autres dignitaires du parti sont en course pour le scrutin où les sondages le placent en deuxième position, derrière le Parti démocrate (PD, gauche) et devant la coalition centriste du chef du gouvernement sortant Mario Monti.


« Cela a été un choix très douloureux », a déclaré M. Berlusconi au cours d’une émission télévisée en milieu de journée. « Nous avons dû demander à nos amis et collègues de renoncer à être présents sur les listes électorales, car des magistrats politisés les ont attaqués », a ajouté le Cavaliere, reprenant son leitmotiv contre les « juges communistes » qui tentent de freiner sa course politique.

À voir en vidéo